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Evénements

Le 30/09/2016 à ROUEN - Poésie dans(e) la rue... côté jardin !

Le 30/09/2016 à Toulouse - Aïe ! Un poète d'après l'oeuvre de Jean-Pierre Siméon

 

Poème

Variations pour libérer la voix de Georges Guillain

Variations pour libérer la voix . 1. J’aime cette idée de l’éditeur François Boddaert à propos des textes du poète Jean-Pascal Dubost qu’ils ne sont en fait qu’un seul vers de plusieurs lignes qui pèse sur la page. Le vers ici reçu comme tension prolongée vers sa fin, nécessitant la voix rapide, une lecture dynamique réveillant tout l’endormi, l’ensommeillé de la langue et l’oublié, avec, des choses. 2. La poésie n’est pas dans le signifié. Ni dans le signifiant. Mais dans la tension qui s’établit de l’un à l’autre. La poésie meurt de s’évanouir dans la chose qu’elle désigne, dans l’épaisseur du sens qui cherche à la traduire. Elle n’est rien encore quand elle ne s’affranchit pas du simple jeu phonique. Ni nature, ni culture. Ni langage, ni réalité. Voix, entre les deux posée et pensée désirante et toujours suspendue. Non pas dictée par les choses. Ni seulement par la lettre, non plus. Mais par quoi ? 3. Il faudrait, mais comment, réfléchir à la voix. Ma voix. J’ai peu, très peu même, là-dessus, comme sur beaucoup d’autres choses, d’outils théoriques. Peu aussi de connaissances techniques. Une expérience personnelle seulement, très fortement entre-tissée de fils divers d’existence. Bien peu généralisable donc. Alors ? 4. Dire pour commencer que j’ai le sentiment d’habiter ma voix. Plus parfois que mon corps. Que ma voix n’est pas que le simple prolongement de ma pensée ou de mon corps dans l’espace qui m’entoure. Elle est plutôt appel de cet espace en moi, manière d’ouvrir la pensée, de l’appeler physiquement, ouvertement, à l’être. Par exemple, je ne prépare plus mes interventions. Du moins sur le plan des mots qu’il faudra dire, des phrases qu’il faudra aligner. Du discours, quoi. J’ai compris qu’il y avait là-dedans une façon d’étouffer la chose même à laquelle on prétend donner vie. Je me livre maintenant chaque fois à l’imprévu de la situation, l’intelligence de la voix prenant appui sur une écoute ou cherchant c’est aussi le cas souvent dans une classe, à la produire. Bien sûr, cette voix n’oublie pas ce qu’a construit en ses lieux la pensée ou plutôt les pensées qui au fond la travaillent, ce substrat nécessaire. Elle n’est pas indépendante de tout ce matériel de représentations qui s’anime avec elle et qu’elle orchestre. Lui donnant volume, couleur et rythme. Une épaisseur charnelle. Faite aussi des voix autres. 5. Je suis toujours frappé de la voix des poètes quand ils lisent. Techniquement, leur lecture est le plus souvent imparfaite. Articulation déficiente de certains sons, souffle parfois un peu court etc. Mais ces voix et je pense à celle tellement abîmée, irréparable de Bernard Vargaftig, un soir au Mans, sont presque toujours des voix présentes et qui traversent. Révèlent. Sur le moment font choc. 6. Reconnaître quand même celles qui sonnent faux, assomment, excèdent ou soûlent. Les pontifiantes, les barbantes, languissantes. Voix à braire et à tanner. i 7. J’ai cherché longtemps ma voix. Ma voix de soliste enfant dans les théâtres le dimanche. Ma voix qui commence à se casser sans que je comprenne ce qui m’arrive dans cette salle de l’école normale d’Arras que je dois balayer avant les cours. Les sons que je ne parviens plus à émettre. Un sentiment de catastrophe. Et d’injustice. Ma voix qui n’a jamais bien su s’imposer dans les conversations. Ma voix de téléphone. Ma voix qu’on aime au téléphone. Ma voix coupée après mes six opérations. Ma voix que je protège après, mesure aux autres. Ma voix que je traîne à Paris pendant deux ans pour la rééduquer. Ma voix sauvée. Ma voix dont j’apprends à rejouer. Voix que je croyais faible mais d’une résistance insoupçonnable. Ma voix qui ne domine jamais dans les délibérations. Ma voix qui trahit toujours mes sentiments. Ma voix que j’apprends à découvrir comme un charme. Et dont j’abuse quelquefois. Ma voix qui me fait autre. Par laquelle je me construits. Ma voix d’enseignement. Voix confluente où se brasse tellement de courants de langages. Ma voix d’institution qui n’est tellement pas la mienne. Et qui s’efforce. Hisse. Ma voix jamais à l’aise dans le rapport hiérarchique. Ma voix d’ennui. Ou de violence. Ma voix de poète dont j’essaie de casser l’ancien ressort lyrique. Ma voix que je fais résonner dans le sensible. Ma voix qui cerne exprès les mots, fait ressortir la solitude ainsi de chaque. Ma voix qui les tend cependant l’un vers l’autre, en communique le désir. Ma voix d’exigence. Et d’inquiétude. Son désarroi. Son impossible plénitude. 8. J’ai compris qu’il y a de grands absents toujours dans nos paroles. Bien entendu, les choses. Et jusqu’au sentiment souvent de leur existence concrète. Absente aussi la chair de celui qui parle et qui écoute. On s’est construit dans les écoles une langue d’idées, de figures, de formes, crispée sur un idéal compassé, tellement artificiel, qu’il faut une bonne dose de naïveté, une forte absence de personnalité, je crois, pour essayer d’y adhérer encore. Insupportables voix des maîtres que j’entends parfois dans les couloirs. Voix mécaniques ou excédées. Voix hypocrites d’adultes masqués qui se dérobent. Corps déserts qui cherchent à dresser, sans entraîner, saisir. Ou cherchent simplement à survivre. 9. J’apprends à écouter les voix. Et les voix dans la voix. A les faire un peu reconnaître. Non pour isoler la voix pure. De qui ? De quoi ? Mais pour en définir le texte. En montrer le tissu. Susciter des variations de timbre. Des appropriations de couleurs. Provoquer le désir de voix. Des montées de parole. Pas nécessairement pour mieux donner à voir le monde, mais comme l’écrit si bien Francis Ponge, dont je n’aime pourtant pas la voix de radio, pour donner « à jouir à ce sens qui se place dans l’arrière gorge : à égale distance de la bouche (de la langue) et des oreilles. Et qui est le sens de la formulation, du Verbe. » 10. On voudrait purifier la voix, l’arracher à ses voix parasites ! Voix d’écorché dont on pourrait suivre les lignes, la mélodie mais comme on suit le tracé d’un fleuve, une rivière sur la carte. Avec du bleu. Mais rien du trouble et de sa profondeur de vase. Ou des reflets du vent. 11. Le monde, notre vie se perdent dans le nommé. Ce n’est pas le nom qui compte mais l’effort de nomination. Ce qu’il faut apprendre à voir dans les mots n’est pas le signifié dans lequel ils s’abolissent mais la tension, l’intention qui les portent à signifier. La voix, devenue la voie, trace et passage du désir de savoir, d’étreindre, sans quoi rien de vivant ne se connaît. 12. L’école est comme le théâtre dont parle Peter Brook dans son livre, L’Espace vide : il faut aborder chaque jour la classe « en mettant à l’épreuve les découvertes de la veille, prêts à croire que [le sens de ce que nous voulons transmettre] nous échappe une fois de plus. » Mais l’école aborde la culture « avec l’idée que, quelque part, quelqu’un a trouvé et défini la façon dont la pièce devait être jouée. » C’est ainsi que la voix trop assurée du maître et qui rassure n’éveille pas l’esprit. C’est ainsi que le choix systématique des grands textes canoniques devant lesquels nous paraissons (paressons) bardés des certitudes reprises aux commentaires autorisés des spécialistes résumés dans les livres du maître a peu de chance d’opérer la trouée dont ils étaient porteurs à l’origine, mais dans une situation autre. 13. C’est avec la voix de la domination que nous cherchons à donner vie aux grandes voix dominées des siècles de révolte. 14. Pourquoi d’ailleurs faut-il tellement de répétitions à l’école ? Parce qu’il n’y a au fond presque jamais de représentation. Les spectateurs restent passifs. Leur esprit n’est pas là. Le professeur dit alors que la classe est « mauvaise ». Conscient d’un manque, il lui arrive, j’en connais un certain nombre, de se donner entièrement, de tenter par mille moyens d’obtenir la participation de son public. Or comme le dit encore Peter Brook, ce n’est que grâce à l’assistance des regards, des désirs, du plaisir et de la concentration (des spectateurs) que la répétition devient représentation. Alors, ce qui est représentation n’isole plus l’acteur de la salle ni le spectacle du public. Il les englobe : ce qui est présent pour l’un est présent pour l’autre. La salle aussi a subi un changement. Elle a quitté la vie quotidienne, essentiellement répétitive, pour une arène d’une espèce particulière où chaque moment est vécu plus clairement, plus intensément. Le public assiste au spectacle, mais en même temps, l’acteur assiste le public. D’où il faut entendre qu’il faut donner voie en classe à la voix du désir. Que c’est peut-être là la tâche première : repérer les désirs, leur offrir un espace. S’attacher à entendre. Repérer dans les voix de l’élève celles qui lui sont non pas les plus propres mais sont en lui les plus actives : voix d’appétit, de plaisir, voix curieuse et pourquoi pas concupiscente. Au lieu de s’ingénier à le bourrer de voix qui ne sont pas les siennes, qu’il apprendra peut-être à apprécier si on parvient à en donner le goût. 15. Voix. Partie d’une poussée de viscères. Une traversée de cartilages. Puis souffle venant se prendre aux cordes, agitant boucles, nerfs, pavillons, voile. Se cognant aux parois, aux cloisons. Jusqu’au palais. Voix qui m’attache à la matière même dont je suis fait. Construit. Qui pose un pont aussi entre ce que je suis sans le savoir et le grand déconstruit des choses. Assaut des choses. Et foule noire sur ce pont. En moi. Grand désir de bataille et d’images. 16. A la lecture de ces notes rassemblées, bien des remarques sont à faire. Elles ne décrivent pas une expérience particulière mais tournent autour d’un foyer d’interrogations. Notes d’intuition mais sans résolution certaine. Y passent du coup une tension, une énergie sans doute communicables. Manière à moi de traverser les choses. Quand même il y faudrait quelques arrêts sur image. Une matière à d’autres plus solides. Mais à quoi personnellement, écrivant, désormais, je répugne : figer, décrire et définir. 17. Souvenir d’une expérience : travaillant devant un groupe de stagiaires, en observation dans une classe dite faible, je demande à un élève de venir jouer une scène opposant un partisan de la peine de mort, à l’un de ses adversaires. Les données de l’échange étant fournis par un extrait de la Préface du Dernier jour d’un condamné où Hugo réplique systématiquement aux arguments de ses contradicteurs. Le travail a consisté dans un premier temps à analyser ces arguments, les comprendre dans leur matérialité, donc à éveiller dans les esprits des images précises en rapport avec des situations précises, et finalement à traduire ces phrases particulièrement travaillées et peu accessibles parfois de l’auteur, en représentations relativement claires et parlantes. L’élève me refusant d’abord de venir au tableau, je demande à quelqu’un d’autre qui s’en sort assez bien, mais reste très figé, comme en récitation. Son « adversaire », élève « casse-pieds » et agité, mais délégué de classe, s’en sort lui brillamment, inventant sa phrase, trouvant ses mots, mobilisant sa pensée chaque fois dans ses gestes et son intonation. Sans donner l’impression de reprendre les idées notées de façon schématique, en mots clés, à côté de lui, au tableau. Ce qu’il fait pourtant. Suite à cela, l’élève ayant dans un premier temps refusé, comme si son camarade venait de lui ouvrir une brèche, lève le doigt pour me dire qu’il veut bien maintenant venir, mais pour (dixit) le « faire en rap », façon banlieue… « Pas de problème ». Il se lance face à son camarade qui donne une nouvelle fois la réplique. On s’attend à une sorte de parodie des Inconnus. Rien de cela. L’élève se contente de jouer son rôle dans sa langue familière d’élève, pas particulièrement créative et claire. Il parle comme il parlerait dans sa cour de récré, en y mettant un peu de hargne, pas mal d’approximation. Mais il parle. Et parle avec ce qu’il a retenu du grand Hugo, qui se prolonge aussi un peu, du coup, en lui. Que tirer d’une telle expérience ? Pas grand-chose sans doute, sinon que la parole des élèves, leur voix et leur capacité à mettre des idées nouvelles en voix sont souvent inhibées par le système scolaire. Résistent les affranchis, les délurés qui, comme on dit, n’hésitent pas à l’ouvrir, à imposer leur voix. Qu’on peine d’ailleurs assez souvent à élargir, policer, enrichir. Mais la plupart sentent leur voix inadmissible dans le cadre scolaire. Et croient hors de leur portée la voix étrangère, colonisatrice, qui leur semble imposée. Peut-être que pour faire passer des idées nouvelles, des représentations plus complètes des choses, il ne faut pas hésiter à les faire passer par des voix multiples. Et d’abord éviter de couper l’élève de sa voix propre, seule voix pour lui vraiment vivante et familière.  18. Au lycée, libérer cette voix que des années de dressage souvent infructueuses ont renfoncé au fond des gorges n’est pas simple, bien sûr. C’est pour cela que la littérature contemporaine et plus particulièrement la poésie actuelle ont tant d’importance à mes yeux. Par le souci qu’ont aujourd’hui les poètes d’accueillir tout le vrai, le senti, les humeurs de la langue : langue d’invention qui ne s’encombre pas de tabous, ne vise pas à la noblesse, charrie tous les matériaux du langage, touche à tous les états du réel. Rend toute voix légitime sitôt que l’anime un vrai désir, un vrai besoin de parole. 19. Par son caractère parfois scatologique et cru, la poésie actuelle réintroduit le corps, la chair à l’intérieur de la classe. L’espace entier du vécu. Avec, toute la matérialité de l’existence ordinaire. Le bol de café de Roubaud. La planche à roulette de Noiret. Les joueurs de foot, le plaisir de pisser chez Janvier. Le gyrophare des tracteurs, les vélos et les lames aussi des motoculteurs de Commère… Parallèlement, les fautes de syntaxe volontaires d’un James Sacré ou d’une Valérie Rouzeau libèrent du sentiment dramatique de la faute. Montrent que l’important dans la prise de voix n’est pas la fidélité absolue à des règles qui ne sont jamais qu’arbitraires mais la capacité à faire entendre une musique propre, vivante et qui touche. Fait image. Fait sens. 20. De l’horrible danger de la lecture quand elle ne fait que proposer à des enfants mal nantis culturellement que des modèles inaccessibles. Plus largement à tous qu’une langue arrêtée au début d’un autre siècle. 21. Montrer que les mots aussi sont des images. Cela passe surtout par la voix. Pour illustrer la folie meurtrière à quoi mène le fanatisme, comme y faisait réfléchir le texte de Marguerite Yourcenar : Notre Dame des Hirondelles, avec son moine implacable qui brûle, abat, emmure vif, je me suis mis à raconter l’histoire entendue la veille sur France-Culture d’un jeune algérien qui racontait avoir quitté son pays, quelques années auparavant après avoir assisté au massacre de son professeur, coupé en quatre en pleine classe, sous les yeux des élèves. De le dire, en l’improvisant et en faisant imaginer la scène comme si elle se déroulait à l’instant devant tous, avec les bruits, les cris, le sang giclant sur les élèves du premier rang, le professeur se vidant doublement de son sang et de sa pisse etc… a imposé brutalement la représentation physique de ce qui n’était jusque là qu’une abstraction. Le « gore », qui n’existait pour les élèves que dans l’espace imaginaire, ludique du cinéma, venait de faire lien avec quelque chose de grave et d’horrible dans le réel. Voix d’un monde violent venu faire irruption dans le cadre confortable de la classe, portée dans ses effets par la curiosité fascinée et horrifiée à la fois de la presque totalité des élèves qui se souviennent toujours de cette anecdote. Imprimée dans leur imagination. 22. Faire image. Faire par la voix se lever physiquement les images qui laisseront une empreinte. Jaillir d’analogies. Pour une pédagogie poétique. 23. La voix n’est pas qu’un simple organe de parole, du son, du bruit. A la fois appareil et produit de langage. Elle est la personne qui parle. De la chair et de l’être pris ensemble. Alors, redonner à l’école des voix. En acceptant de les entendre se construire. Et d’abord dans leur confusion. Sans essayer de proposer des modèles, ou d’imposer des moules. Mais en s’efforçant bien d’ouvrir tout l’espace des possibles. Par la poésie par exemple, mettre en bouches des voix vivantes, charnues, toniques, acides, impertinentes, déchirées, énigmatiques… oui tout cela et plus encore : toute une scène ouverte en soi et qui métamorphose. Voilà qui pourrait être un bel enjeu pour la classe à venir. Un jour. Georges Guillain

 

 

19e Printemps des Poètes 

4 au 19 mars 2017

Afrique(s)

Ce 19e Printemps des poètes invite à explorer le continent largement et injustement méconnu de la poésie africaine francophone. Si les voix majeures de Senghor, U Tam'si ou Kateb Yacine par exemple, ont trouvé ici l'écho qu'elles méritent, tout ou presque reste à découvrir de l'intense production poétique africaine, notamment celle, subsaharienne, qui caractérisée par une oralité native, tributaire de la tradition des griots et nourrie par ailleurs des poésies d'Europe, offre des chemins neufs sur les terres du poème. 

Parole libérée, rythmes imprévus, puissance des symboles et persistance du mythe: écoutons le chant multiple des Afriques , du Nord et du Sud. 

Voir les premières pistes bibliographiques : noms d'auteurs, livres, ressources... 

Bibliographie

Bibliographie jeunesse
       
Livre

Vent de leur nom de Luce Guilbaud chez Henry

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Actualité des poètes

Evénements avec les poètes : Armand le poête, Olivier Domerg, Franck Doyen, Patrick Dubost, Bruno Doucey, ...

Nouvelles parutions des poètes : Patrick Dubost, Gérard Bocholier, Marc Dugardin, Claude Beausoleil, Mérédith Le Dez, ...

 
       
Actualité du label Sélection Printemps des Poètes

Les insomnies, la nuit qui m'avait tant servi

 


HOMMAGE à Sylvie Brès
Sylvie Brès nous a quittés après s’être battue depuis dix ans contre la « longue maladie ». « Les poèmes de Sylvie Brès ont la beauté et la vérité des sources », disait Yves Bonnefoy. Nous vous invitons à relire son très beau recueil Cœur troglodyte, Castor Astral

 

 

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