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Parution

Pierre Jean Jouve, l’homme grave par Franck Venaille


poète
      Franck Venaille
éditeur
      Jean-Michel Place
type
      Essai
date
      10/11/2004
descriptif
      Intitulant son essai « Pierre Jean Jouve, l’homme grave », Franck Venaille interroge en profondeur l’œuvre du poète, et lui applique un regard averti, celui de l’écrivain qu’il est, pour qui la culpabilité, la contradiction, la fragilité sont au cœur de l’acte d’écrire, et nourrissent sa proximité avec Pierre Jean Jouve, leur « bibliothèque mentale » commune.
Ainsi, les étapes successives du travail, de l’œuvre de Jouve, marquées par ce que Venaille appelle rejet-reniement-rupture, ou encore sacrifice, sont explorées avec précision et respect, et dégagées de tout regard extérieur ou jugement hâtif. En effet, lire et aimer Jouve c’est, avec Franck Venaille, s’imprégner de ses contradictions – entre homme des villes et nature, foi du poète et refus de toute église, sens de la faute et érotisme – et être capable d’en extraire ces deux instances constitutives que sont l’inconscient et la sexualité, suivre leur trame tout au long de l’œuvre dont l’architecture en permet à la fois l’accès et le repli. Car Pierre Jean Jouve ne se livre pas, il invente une langue, est saisi par le langage, et sa vision tragique de toute vie est tendue entre (creusée même par) ces deux forces extrêmes que sont l’érotisme et la mort. Tension, donc, entre l’humain et le « je » profond, entre la conscience raisonnable et des puissances redoutables, l’œuvre, et plus précisément la poésie de Jouve est le lieu de la lutte entre désir de clarté et penchant pour l’heure nocturne, où la femme est la figure centrale d’une dramaturgie sexuelle dont la justification ultime réside dans la mort.

Né à Arras le 11 octobre 1887, Pierre Jean Jouve connaît une enfance bourgeoise, mais une adolescence assombrie par la maladie et la dépression. Il rejette alors famille et lycée, et s’installe à Paris en 1908. C’est à partir de 1914 qu’il commence à publier, tout en ayant une attitude engagée pendant la guerre. 1925-1935 sont les dix grandes années où Jouve écrit et publie l’essentiel de son œuvre, romans, poèmes, essais : Paulina 1880, La Scène capitale, Hécate, Le Monde désert, Les Noces, Sueur de sang, Tombeau de Baudelaire, En miroir … En 1960, il reçoit la Médaille d’or de la Société Dante Alighieri (Florence), le Grand Prix National des Lettres, le Grand Prix de l’Académie française, et est nommé Docteur honoris causa de l’Université de Bâle. Pierre Jean Jouve décède le 8 janvier 1976 à son domicile parisien.

Né à Paris en 1936, Franck Venaille n’a quitté le onzième arrondissement qu’à l’âge de vingt ans, pour effectuer son service militaire en Algérie. De retour en France, il s’inscrit au Parti Communiste Français, puis travaille pour plusieurs revues, en tant que collaborateur – Action poétique – ou fondateur – Chorus, Monsieur Bloom. Il donne depuis quarante années une œuvre en langue française qui marque par sa diversité et la vérité âpre de sa parole. Et du football – considéré comme un cérémonial initiatique – à la guerre d’Algérie, de la peinture (où il montre son attachement à la figuration narrative – Klasen, Monory – ainsi qu’à un art minimaliste basé sur le sentiment et la mémoire – Boltanski) à l’opéra – avec sa trilogie inspiratrice : Don Giovanni, Wozzeck, Pelléas et Mélisande – de Trieste à l’Escaut et l’Engadine, de Saba à Morhange et Cavafis – pour ne signaler que quelques points de repère, Venaille avance dans sa vie d’homme, assez menacé mais indéfectiblement vivant. Il a délimité son domaine littéraire et géographique : la lutte avec l’ange dans un univers d’eau et de brume où l’homme doit faire face au vaste paysage morne. C’est là qu’il a écrit La Descente de l’Escaut (Obsidiane, 1996). Il met en scène Paris dans son long poème Hourra les morts ! (Obsidiane, 2004). Son œuvre a été couronnée par de nombreux prix littéraires.

Essai

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