Logo PDP    
centre national de ressources pour la poésie  
Poète d'aujourd'hui

François Heusbourg


Biographie

Poète, éditeur et traducteur, François Heusbourg est né en 1981 à Paris. Ses livres ont notamment paru aux éditions Mémoire Vivante, Isabelle Sauvage ou Æncrages & Co. Il est également le traducteur en français de l’œuvre du poète irlandais Geoffrey Squires. Il anime les Editions Unes depuis 2013, dont les locaux, basés à Nice, accueillent régulièrement expositions d’art contemporain et lectures de poésie.

Bibliographie

Livres

Zone inondable, éditions Æncrages & Co, 2017
Seul double, avec Anaïs Bon, éditions Isabelle Sauvage, 2015
hier soir, éditions Æncrages & Co, 2014
Oragie, éditions Mémoire Vivante, 2011


Traductions

Ses Oiseaux perdus, d’Emily Dickinson, Editions Unes, 2017
Poème en trois sections de Geoffrey Squires, Editions Unes, 2016
Pierres Noyées de Geoffrey Squires, Editions Unes, 2015
Paysages et silences de Geoffrey Squires, Editions Unes, 2014
Nous ne jouons pas sur les tombes d’Emily Dickinson, Editions Unes, 2014
Sans titre de Geoffrey Squires, Editions Unes, 2013


Livres d’artistes

Long Run, avec Sébastien Bonnargent, éditions Mémoire Vivante, 2009
Fracture, avec Stéphanie Ferrat, éditions Les mains, 2016
Toux, avec Thierry Le Saëc, éditions La Canopée, 2015


Actualité
+ Consulter les archives

Extrait
Extraits de hier soir, éditions Æncrages & Co


Vous savez, le paysage est dans l’œil, vous savez bien, le paysage nous regarde. Regarde l’œil. Sous la main le paysage se lève et dans la main le paysage s’effondre. Vous êtes venu. Voir. Sous la main le paysage, retenu dans l’œil. Vous êtes entré dans le paysage.

*

Le jour hier soir, le jour hier soir est parti, avez-vous dit. En entrant, en fermant la porte sur. Il y avait du feu au fond de la cheminée, vous n’en doutiez pas. Nous n’avons plus de nouvelles. J’ai tiré la chaise. J’ai tiré la chaise vers vous, vers le feu. Vous entendiez. Vous avez dit encore une fois, le jour.

*

L’eau passait par le toit. Ce ne fut pas long. Toujours très doucement vous montez l’escalier. J’avais oublié la chambre. Vous avez dit, je dormirai dans la chambre. Ce soir aussi. Doucement l’eau passait par le toit, j’avais oublié de mettre la lumière. Vous avez dit, ce ne sera pas long.

*

Que voulez-vous faire. Enfin. La pièce est vide, ou sera vide. Nous pourrions ramasser. La pièce est à l’intérieur de la pièce. Vous avez poussé les volets contre la fenêtre. Des tasses sur la table. Des pièces de bois. Il devenait difficile de savoir ce que nous voulions toucher.

*

J’ai fermé les yeux. J’ai perdu la mémoire. Les petites pièces de bois, la tasse brisée sur la table. En morceaux. Vous avez posé la main sur les morceaux, vous avez posé la main sur le paysage. Les morceaux ne sont pas brisés, vous avez perdu le paysage.


















Extraits de Zone inondable, éditions Æncrages & Co



Lentement
tout se déplace

on croyait tenir la réalité
lentement au milieu



au milieu des voitures
je rentre sous l’orage au milieu
des voitures qui dérivent
entre les rues

*

seul au milieu
de mon eau je rentre
dans le courant qui traverse

l’appartement


*

jusqu’aux chevilles
et soudain c’est comme
jusqu’au cou



rien respire
le vent

pousse à travers l’appartement


*










l’eau mon salon mes souliers
ma porosité

l’eau par dessus les objets
de chaque côté des murs
à travers

jusqu’aux chevilles et jusqu’au cou
j’aide l’eau à passer
je fais le courant
dans la rivière de mon appartement


*

l’ombre à mes pieds
ombre noyée
une deuxième boue
au fond de l’eau

là-debout
dans l’eau qui passe le temps
qui ne passe plus

    Logo Ministere Culture   Logo CNL   Logo Sofia   Logo IDF   Separateur Facebook Facebook Newsletter