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Retrouvailles

Alain Jouffroy


Biographie

Né en 1928 à Paris, il est l’auteur d’une œuvre très abondante. Poète, écrivain et critique d'art, Alain Jouffroy a dirigé XXe siècle et fondé Opus. Par le roman, l’essai, le poème mais aussi par un dialogue critique et constant avec les peintres de son temps. Il est l'auteur de nombreux textes sur l'art et il est lié au groupe des « Objecteurs » en 1965. Il est décédé le 20 décembre 2015

Bibliographie

  • Etre-avec, La Différence, 2007
  • Trans-Paradis. Express Gallimard, 2007
  • C'est aujourd'hui toujours (1947-1998) Gallimard, 2005
  • Ode à André Breton, un imagier d'Alain Jouffroy Aldébaran, 2002
  • Dernière recherche de l'âme, demain, Edition du Rocher, 1997 et le CD-Rom Marcel Duchamp Conversation, Centre Georges Pompidou-Dumenchez 1997.
  • Trajectoire, Paris, Gallimard, 1968
  • Le Temps d'un livre, Paris, Gallimard, 1966
  • Une Révolution du regard, à propos de quelques peintres et sculpteurs contemporains... Paris, Gallimard, 1964
  • Un Rêve plus long que la nuit, Paris, Gallimard, 1963
  • Le Mur de la vie privée, récit. Paris, B. Grasset, 1960
  • A toi, Paris, Gallimard, 1958


  • Actualité

    Nouvelle(s) parution(s)

    Alain Jouffroy, passe sans porte, aux éditions du Littéraire éditions du littéraire (2016)

    Autres parutions présentées sur ce site

    Etre-avec La Différence (2007)
    Trans-Paradis. Express Gallimard (2007)
    C'est aujourd'hui toujours (1947-1998) Gallimard (2005)
    Ode à André Breton, un imagier d'Alain Jouffroy Aldébaran (2002)

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    Extrait
    HORS SANG

    Ce qui se dit sur le bord de la route s'entend sur le bord du ravin.
     Wou Tch'eng-en, Le Singe pélerin

    Au bord de la route, j'ai dit
    Mon être et j'ai dit mon néant.
    Au bord de la route, j'ai dit
    « Personne n'a encore jamais avancé assez loin. »
    Au bord de la route, je me suis amusé
    En piaffant, en sifflant, en parlant.
    Au bord de la route, j'ai refusé
    De tomber n'importe où, les pieds devant.
    Au bord de toutes les routes de l'Orient,
    Au Liban, en Syrie, en Abyssinie,
    En Chine, au Japon et en Corée,
    J'ai parfois dansé en chantant.

    L'herbe du ravin a écouté mes chants,
    L'herbe du ravin les a répercutés
    Jusqu'aux profondeurs du néant.
    L'herbe du ravin est mon passage à gué.
    L'herbe du ravin ravit les mots de la gaieté.

    Au bord de la route, j'ai continué à chanter.
    Continué à psalmodier, à parler au ciel béant.
    Au bord de la route, je n'ai jamais désespéré
    Et j'ai rencontré d'innombrables passants.
    Croisé des chevaux, des serpents, des éléphants.
    Au bord de la route, j'ai agité ma cloche
    Et quand je m'arrêtais, j'écoutais le silence.
    J'entendais ce qui se trame sous les pieds.
    Et puis je reprenais la route, en chantant toujours,
    Tel le vagabond qui s'enfuit du nord.
    Au bord de la route, je me suis fait des amis.
    Et quand la nuit tombait, je leur parlais longtemps.
    J'écoutais toutes leurs histoires de passants.
    Tout ça m'a pris énormément de temps.

    L'herbe du ravin était mon pain, mon vin.

    Je m'y couchais souvent, fourbu de mille chemins.
    Mon squelette pesait des centaines de kilos.
    Mais, très tôt le matin, je me relevais
    Pour continuer à suivre la grand-route
    A l'écoute de tous les bruits du lointain.

    Chère herbe du ravin, toi qui entends tout,
    Tu m'as fait croire aux plus absurdes utopies.
    C'était drôle, parfois, de te voir virer au noir.
    Beau, si beau que j'en ai pleuré d'étonnement.
    Chère herbe du ravin, tu m'as préservé de la gloire.
    Je fais partie, depuis un bout de temps, de tous tes secrets.
    J'ai disparu, grâce à toi, hors de tous les sangs.
    Porteur de quelques présages,
    J'ai lu dans toutes les cartes de la galaxie.

    Au bord de la route, j'ai ressuscité l'amitié.
    Je m'y suis donné, comme à Dieu dans sa tombe.
    Au bord de la route, j'ai épousé l'herbe de vin
    Mais j'irai, jusqu'à la fin, encore un peu plus loin,
    Tel Charlie Chaplin.

    Septembre 2003

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