Si un moi ne commence pas, c'est à cause de l'ensemble des préoccupations fortes qui font et défont l'histoire de quelqu'un dans l'histoire de quelques-uns dans l'histoire de beaucoup, et pas dans celle de tous. Car un quelqu'un diffère de la somme des entretiens possibles avec tous (le grand Moi est absent a priori aussi, et le moi et le toi ordinaires font des efforts pour devenir un Toi avant l'arrivée supposée au grand Moi qui n'existe pas) ; les discussions commencent à cause des discussions. Ce qu'il faut dire n'est pas déjà dit dans le cerveau de l'individu, ni dans le Collectif, mais il se dit à cause de la discussion qui invente la nécessité tout autour des cerveaux et des coeurs. Et le monde n'est pas le brouillon général négatif.
Extrait de : Poésies didactiques, Théâtre Typographique, Courbevoie, 2001.