André Beucler (1898 – 1985) est né à Saint-Pétersbourg d’un père français et d’une mère russe. Il fait ses études à Belfort et Besançon. Mobilisé en 1917, il est blessé sur le front. En 1925, il publie aux éditions Gallimard son premier ouvrage La Ville anonyme qui le fait rentrer avec éclat dans la république des lettres ; suivront de nombreuses nouvelles, des essais, quinze romans, dont Gueule d’Amour adapté à l’écran et interprété par Jean Gabin, et des recueils de souvenirs. Dans l’entre-deux-guerres André Beucler, dont les points de vue sont appréciés, parcourt l’Europe centrale comme envoyé spécial de plusieurs quotidiens et hebdomadaires (Marianne, Voilà, VU, le Petit Parisien, Le Figaro, l’Intransigeant, etc.). Parallèlement, il écrit les dialogues, adapte et réalise plusieurs films à la UFA à Berlin, avant d’être expulsé d’Allemagne en 1934. Chargé de mission au cabinet Giraudoux en 1940, il organisera après l’exode une structure de contact et d’hébergement dans le Midi où passent de nombreuses personnalités. Après la seconde guerre, il produira de nombreuses émissions de radio dont le Bureau de poésie qui durera plus de 25 ans, dans lequel les poèmes envoyés par les auditeurs étaient sélectionnés puis lus par des comédiens de renom. Mais André Beucler s’intéressait plus à la poésie des autres qu’à la sienne et à l’exception de quelques poèmes parus en revue, la plus grande partie de son œuvre poétique est restée inédite de son vivant. Il est à noter toutefois qu’André Beucler, ressent, et met en lumière dans l’ensemble de son œuvre, la poésie immanente au monde.
SITE INTERNET DE L’ASSOCIATION ANDRE BEUCLER www.andrebeucler.com
Bibliographie
Bibliographie des ouvrages disponibles
La Ville anonyme, Gallimard coll. Imaginaire, 1998
Les Instants de Giraudoux (portrait), Le Castor Astral, 1995
Dimanche avec Léon-Paul Fargue (souvenirs), Le Temps qu’il fait, 1997
Vingt ans avec Léon-Paul Fargue (Portrait), Mémoire du livre, 1999
De Saint-Pétersbourg à Saint-Germain-des-Près - (souvenirs), Gallimard, 1982
Plaisirs de mémoire (souvenirs), Gallimard, 1982
Plaisirs de mémoire et d’Avenir - Revue de l’Association André Beucler Contenant des extraits de l’œuvre poétique d’André Beucler. Disponible auprès de l’Association André Beucler association@andrebeucler.com
La paresse est plus douce que les honneurs les plus brillants. (Maxime chinoise)
PROCES VERBAL à Henri Mondor
Une hirondelle a fait cette année un printemps Pour les beaux yeux de l'air absolu qui la porte Mais on ne voit personne émerger de l'eau morte Et se noyer d'espoir dans ce vol éclatant
Sur le sable où les corps répugnent à leurs jeux La mer fait scintiller ses sirènes oisives Mais on ne voit personne abandonner les rives Et plonger vers l'étreinte offerte par des dieux
Par delà les jardins et la vigne et le blé La porte de la lune est demeurée ouverte Mais on ne voit personne allégé de sa perte De ses deux mains surgir au trapèze étoilé
L'avenir au carreau frappe de ville en ville Et propose à la vue un nouvel horizon Mais on ne voit personne au bout de sa raison Renoncer de bon cœur à des tâches serviles