Béatrice Bonhomme, écrivain et professeur à l’Université, vit à Nice.
C’est un poète qui a toujours vécu dans des paysages méditerranéens, lesquels imprègnent de façon particulière son imaginaire. Sur une présence toujours absente repose la problématique de son écriture. Ici se trouve la pierre angulaire qui initie le poème, ce centre qui n'est pas centre, proposant l'absence frémissante qui institue l'absence de fin. Travail d'amour et de ferveur, cette œuvre, chargée de sensualité, s'aventure donc dans un texte qui garde en filigrane un fond d'exil. Territoire où l'amour s'exprime sans faux-fuyant et avec la certitude que la possession sait toujours se faire dépossession, dessaisissement. L'auteur tente ainsi d'inscrire les gestes de l'amour et de la mort dans la nudité blessée de la neige et de la mer. Le plus pur du geste est encore celui qui nous fait marcher vers la mer, vers l'amour, vers le cloître de l'enfance et le regard perdu d'un enfant qui se brise, peut-être même vers la mort par disparition et solubilité nocturne.
Conjointement à son écriture de poète, Béatrice Bonhomme se consacre à la critique littéraire et elle tente d’y trouver une voie originale qui puisse faire de chaque critique un véritable poème.. Après une thèse sur Pierre Jean Jouve, elle s’est spécialisée dans le domaine de la recherche sur la poésie contemporaine avec des articles sur Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Bernard Vargaftig, Jude Stéfan, James Sacré, Salah Stétié. Elle assure à la Faculté de Nice un séminaire sur la poésie et elle est responsable d'une équipe de recherches Poièma.. Elle a coordonné un cycle de recherches sur Poésie et Rythme (à paraître aux éditions Champion) et en octobre 2003 s’ouvre un second cycle sur Poésie et Traduction.
Elle a fondé avec Hervé Bosio la Revue Nu(e), qui publie des poètes et des artistes contemporains depuis 1994 et en1998, avec Patrice Villani, elle a créé la Collection « Les Textes Fondateurs » aux éditions Ellipses. Elle a actuellement publié de nombreux ouvrages de critique littéraire et de création.
Bibliographie
Principales Publications Essais
Salah Stétié en miroir (Rodopi, 2000)
Jean Giono (Ellipses, 1998)
La mort grotesque dans les oeuvres de Jean Giono (Nizet, 1996)
André Malraux : La Condition humaine (Ellipses, 1996)
Le roman au XX° siècle à travers dix auteurs (Ellipses, 1996)
Jeux de la psychanalyse, initiation, images de la femme dans l'écriture jouvienne (Minard, 1994)
Actes de Colloque
Jean Paulhan et les poètes, Mars 2003
André Verdet, Mars 2003 Henri Meschonnic, Mars 2002
Poésie et Rythme, Mars 2002
James Sacré, Mars 2001
Poésie et Philosophie, Mars 2001
Yves Bonnefoy, Mars 2000
Samuel Beckett, Actes du Colloque de l'Université de Nice, Publications de la Fac des lettres de Nice, Janvier 1999.
Claude Simon, Actes du Colloque de l'Université de Nice, Publications de L'université de Bourgogne, collection "le texte et l'édition", en collaboration avec Michel Erman, 1997.
André Malraux, Actes du Colloque de l'Université de Nice, Publications de la Faculté des Lettres de Nice, 15 Mars 1996.
Un divertissement royal d'après Jean Giono, Actes du Colloque de l'Université de Nice, Publications de la Faculté des Lettres de Nice, Mars 1996.
Giono autrement, l'apocalyptique, le panique, le dionysiaque, Actes du Colloque de l'Université de Nice, Publications Université de Provence, Mars 1995.
Don Juan, Actes du Colloque de l’Université de Nice, Publications de la Faculté des Lettres de Nice, 1993 Pierre Jean Jouve Actes de Colloque international, Université de Nice Roman 20-50, Novembre 1994.
Recueils
Journ l de l'absence initiée (Encres vives, 1998)
Poumon d'oiseau éphémère (Moires, 1998)
Sabre au clair (Tipaza, 1998)
Le dessaisissement des fleurs (Rafaël de Surtis, 1997)
Jeune homme marié, nu (Nu(e), 1996)
L'univers n'en sait rien (Nu(e), 1996)
Sauvages (Moires, 1996)
Lieu-dit du bout du monde (Encres vives, 1994)
In Absentia (An Amzer, 1994)
Le pas de la clé (La vague à l'âme, 1992)
L'âge d'en haut (Traces, 1991)
Derniers livres parus
Dernière adolescence (Nu(e), 2002)
Marges (Nu(e), 2002)
La fin de l’éternité (Nu(e), 2002)
Nul et non avenu (Collodion, 2002)
Le nu bleu (L'Amourier, 2001)
La grève blanche (Collodion, 1999)
Les gestes de la neige (L'Amourier, 1998)
Livres d'artistes
La Grève Blanche (sérigraphie d'Alberte Garibbo)
L'Embellie (9 exemplaires avec Henri Maccheroni)
Femme de tulle et de pierre posée sur du papier (22 exemplaires avec Serge Popoff)
Les Chevaux de l'enfance (15 exemplaires avec Serge Popoff)
La fin de l'éternité (20 exemplaires avec Rivello-Androff)
Bleu équilibre, sans filet (2 exemplaires avec Serge Popoff)
Métamorphoses (22 exemplaires avec Serge Popoff)
Fragments d'un désert (10 exemplaires avec Françoise Vernas-Maunoury)
L'incendie de l'enfance (5 exemplaires avec Thierry Lambert)
Pierres Tombales (8 exemplaires avec Marie-José Armando)
Le Premier bleu (3 exemplaires avec Arnaud Lamiral)
Unitas multiplex suivi de Aleph (3 exemplaires avec Maurice Peirani)
Sur une photo de Françoise Vernas-Maunoury sept lanières de rouge pour James Sacré
1 lieu inondé par la lumière l'oeil captif de son propre regard espace de cécité et de nos rêves
2 sous les déchirures du temps faisant mémoire arrière le temps déserté, abandonné
3 Stèles immémoriales pages pétrifiées pierres en poussière de sable en mots-sable cette glisse entre nos doigts comme grains de sable les allées ensablées, désertifiées des mots.
4 couleur rouge du désir et de la langue désert comme désir le ciel a partie liée avec le sable on entre dans le pays céleste du bleu une trace rouge vers le nu bleu
5 perte de visage visage poudré par le sable écrasé sous la semelle du vent
6 errer pour reconstituer le visage morcelé de l'absence que ces bords invisibles étendent au-delà de l'horizon
7 l'empreinte du pied nu laisse une trace derrière les pas la trace d'une page évanouissante à la vue les mots pour redonner un lien à l'espace délié du désert désert impénétrable du livre