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Poète d'aujourd'hui

Régine Detambel


Biographie

Régine Detambel est née en 1963. Kinésithérapeute de formation, elle a publié son premier ouvrage aux éditions Julliard, en janvier 1990, sous l’égide de Christian Bourgois et Elisabeth Gille. Depuis, elle a publié des romans (Pandémonium, Gallimard, 2006 ; Sur l’aile, Mercure de France, 2010 ; Son corps extrême, Actes Sud, 2011), des nouvelles (50 histoires fraîches, Gallimard, 2010), des textes brefs (Graveurs d'enfance, Folio, 2001), de la poésie (aux éditions Fata Morgana et Champ Vallon), des essais (Petit éloge de la peau, Folio, 2007 ; le syndrome de Diogène, éloge des vieillesses, Actes Sud, 2008), ainsi que des ouvrages numériques, chez publie.net (Les corpu-lents...). Ses ouvrages, traduits dans une dizaine de langues, témoi-gnent notamment de l’attention portée aux corps aimants, souf-frants, vieillissants ou violentés. Le regard des philosophes et des plasticiens qu’elle interroge lui permet de déployer cette expé-rience dans son oeuvre. Chevalier des Arts et Lettres, Régine De-tambel est également lauréate de la bourse Cino del Duca et du prix Anna de Noailles de l’Académie française. Le site internet www.detambel.com recense l'ensemble de ses parutions et propose extraits et inédits.
Photo : © M.DURIGNEUX

Bibliographie

  • Opéra sérieux, ed. Actes Sud, 2012.
  • Son corps extrême, septembre 2011.
  • Sur l’aile, Mercure de France, 2010.
  • 50 histoires fraîches, Gallimard, 2010.
  • Le Syndrome de Diogène, éloge des vieillesses, 2008.
  • Pandémonium, éd. Gallimard, 2006.
  • Mésanges, éd. Gallimard, 2003.
  • Petit éloge de la peau, éd. Gallimard, 2007 (« Folio 2 euros », n° 4482).
  • Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, éd. Gallimard, 2008 (« Haute Enfance »).
  • Blasons d’un corps enfantin, éd. Fata Morgana, 2000.
  • Les enfants se défont par l’oreille, éd. Fata Morgana, 2006.
  • La chambre d’écho, Seuil, 2001 (« Points Seuil », n° 1062).
  • Colette.Comme une flore, comme un zoo, Stock, 1997.
  • Album, Calmann-Lévy, 1995.
  • Bernard Noël, poète épithélial, éd. Jean-Michel Place, 2007.
  • Emulsions, poésie, Champ Vallon, 2003.
  • Icônes, poésie, Champ Vallon, 1999.
  • La ligne âpre, éd. Christian Bourgois, 1998.
  • Elle ferait battre les montagnes, éd. Gallimard, 1998.
  • Les contes d’apothicaire ou Apo à la recherche du bonheur, éd. Gallimard, Lecture accompagnée par Brigitte Rebmeister, 1998 (« Bibliothèque Gallimard » n° 2).
  • L’Écrivaillon ou l’enfance de l’écriture, éd. Gallimard, 1997 (« Haute Enfance »).
  • La verrière, éd. Gallimard, 1996 (« Folio n° 3107 »).
  • Le jardin clos, éd. Gallimard, 1994.
  • La lune dans le rectangle du patio, éd. Gallimard, 1994 (« Haute Enfance »).
  • Le ventilateur, éd. Gallimard, 1995.
  • Le vélin, éd. Julliard, 1993.
  • Les écarts majeurs, éd. Julliard, 1993.
  • La quatrième orange, éd. Julliard, 1992.
  • Le long séjour, éd. Julliard,1991.
  • Graveurs d’enfance, éd. Christian Bourgois, 1993 (« Folio n° 3637 »).
  • L’amputation, éd. Julliard, 1990.
  • L’orchestre et la semeuse, éd. Julliard, 1990.
  • La modéliste, éd. Julliard, 1990.

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    La bibliographie à destination de la jeunesse est à consulter sur internet : http//www.detambel.com


  • Actualité

    Nouvelle(s) parution(s)

    Le grand élucidaire des choses de l'amour Aencrages&Co (2014)

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    Extrait
    EXTRAIT PETIT ELOGE DE LA PEAU (Folio, 2007)

    Caresse : réflexion et coïncidence des peaux tangentes. L’épaisseur de la chair entre toi et moi n’est pas un obstacle entre nous. L’amour lance des ramifications entre le dehors de ton monde et le dedans du mien. Je n’ai même pas à sortir de moi pour t’aimer.
    Tu me tapisses. Ma peau est au cœur de ce que je peux voir de toi. Où mettre la limite entre toi et moi puisqu’il y a insertion réciproque et entrelacs de l’un dans l’autre ? Puisque je suis désormais prise dans tout ce que je peux voir de toi. Je ne verrai jamais l’intérieur de ma peau — ses membranes secrètes — mais je sais qu’il se dessine dans la vision que mes mains ont de toi.

    Les corps qui s’attirent ne vont jamais jusqu’à se fondre. Si je suis toujours dans le désir de toi, c’est que je ne te possède jamais tout entier dans mes mains. Car, pour t’accueillir pleinement dans ton être tangible, je suis toujours du même côté de ma paume. Et n’ai d’ailleurs de moi-même à t’offrir que cette perspective invariable.
    *
    La caresse est l’ensemble des cérémonies qui incarnent autrui.
    *
    Autrui me donne ce qu’il n’a pas, ma chair à moi. Et je lui donne ce que je n’ai pas : sa chair à lui.
    *
    Faire l’amour : sentir, faire sentir et sentir que l’on fait sentir.
    *
    Dans la caresse, rien ne s’oppose. La peau n’y résiste pas. Au contraire, le déroulement d’une éternelle percevante, en renouvellement continu, et qui n’en finit pas de se déployer sous les doigts d’autrui. Dans la caresse, l’éphémère n’en finit pas. Il faut inventer pour elle l’imaginaire du vent. La caresse serait vent-couleur, vent-saveur, vent-résonance. Un invisible sans opacité, à la limite du sensible et qui épouse l’appel de l’air emprisonné sous l’autre paume : un souffle-image.
    *
    Une vie ne remplit pas une peau, elle n’achève pas un épiderme. Non finito. Tes caresses n’en finiront jamais de dessiner ma peau. Car elle est toujours forcément esquisse, maintenue au plus près de son invention, dans la tension de ce surgissement. Elle déborde le monde de tous côtés. Inachèvement justifié car la perception elle-même de mon corps, sur la page du monde où tu vis, n’est jamais finie.

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