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Retrouvailles

René Daumal


Biographie

Né en 1908 dans les Ardennes, René Daumal est le personnage principal d’une exemplaire vie de recherche, dans toutes les directions de la culture et de la connaissance de soi. Très tôt engagé dans des expériences littéraires novatrices, il crée avec trois amis, à Reims, le groupe des « Phrères simplises », notamment inspiré de Jarry, Rimbaud et des surréalistes. Ce sont les Roger Vailland, Roger-Gilbert Lecomte, et Robert Meyrat. Leur dieu s’appelle Bubu, et leurs expériences tournent autour de la drogue, allant même jusqu’à la roulette russe — voir prochainement « (Se dégager du scorpion imposé) ».
Il a, adolescent, l’intuition qu’il pourra rencontrer un autre monde en se plongeant volontairement dans un coma proche de ce que nous appelons aujourd’hui les Near Death Experiences, mais l’utilisation du Tétrachlorure de Carbone (CCl4) fragilisera sa santé, et il est possible que cela l’aura sensibilisé à sa future tuberculose.
Élève d’Alain au lycée Henri IV, il y rencontre la future mystique Simone Weil, avec laquelle il aura des échanges au sujet du sanskrit. En effet, Re-Né s’es précocement intéressé aux textes sacrés de l’Inde, et a décidé d’apprendre le sanskrit, quitte à composer lui-même sa propre grammaire sanskrite.
Mais surtout, à Paris avec Roger-Gilbert Lecomte (ils ont rompu avec Vailland mais Pierre Minet s’est joint à eux), ils fondent la revue Le Grand Jeu, qui connaîtra trois numéros de 1928 à 1931, le quatrième restant dans les cartons. On y rencontre notamment le peintre Joseph Sima, et Hendrick Cramer, le mari de Véra Milanova, la future épouse de René.
Mais René fait la connaissance, au Rouquet (un café qui n’a pas changé depuis) de la personne d’Alexandre de Salzmann, qui lui ouvre les yeux, lui permet de vérifier un certain nombre d’intuitions, et notre auteur décide de rompre avec sa vie littéraire et passée, de s’accorder les chances d’une vie nouvelle. Il s’engage auprès du danseur Uday Shankar, dont on ignore comment il a fait sa connaissance, et part avec lui dans sa tournée aux États-Unis.
Cette période es relatée dans « La Grande Beuverie », le premier grand travail littéraire de Daumal. On en découvre les clefs dans nos « Fragments inédits ». Pleine d’humour, « La Grande beuverie » présente une critique des rouages de la société pour un homme qui a brûlé son ego, et la question y est posée de ce que la vie adulte pourrait être.
Revenu à Paris, il vit difficilement mais obtient le prix Doucet pour « Le Contre-ciel », écrit quelques traductions de l’anglais (Hemingway, Suzuki) et du sanskrit, des articles pour la NRF, et une abondante, passionnante et généreuse correspondance. Il rédige notamment le texte fondateur « Poésie noire, poésie blanche », où s’exerce son œil critique et constructeur inimitable.
Quasiment « Sans domicile fixe », il se déplace d’un endroit à un autre avec Véra. Alexandre de Salzmann est décédé, et c’est sa femme Jeanne, la célèbre directrice spirituelle, instigatrice et traductrice de l’œuvre et du travail de G. I. Gurdjieff en France, qui prend la suite auprès de René. C’est ainsi, par les groupes Gurdjieff, qu’il fait la connaissance de Philippe Lavastine, et par lui (qui travaillait chez Denoël) de l’écrivain Luc Dietrich et de son grand ami Lanza del Vasto. Tout ce petit monde se retrouve auprès de Jeanne de Salzmann, et René la suivra même dans ses déplacements à Évian puis en Suisse.
Ayant pris connaissance de sa maladie, une tuberculose déjà avancée, René séjournera le plus possible en montagne, dans les Pyrénées mais surtout dans les Alpes, au Plateau d’Assy chez la pharmacienne Geneviève Lief qui deviendra son élève. C’est la guerre. Il s’est marié avec Véra, israélite. Il vit dans des conditions matérielles extrêmement difficiles. Il compose ses plus belles lettres, se remet à la poésie, écrit « La Guerre sainte » et commence son œuvre majeure, le célèbre et inachevé « Mont Analogue », fulgurante démonstration du langage analogique et de l’écriture à plusieurs strates de compréhension.
Il meurt près de la porte d’Orléans, à Paris, à l’âge de 36 ans, en 1944. La plupart de son œuvre est encore à découvrir et à publier...
Depuis 1994 les éditions éoliennes opèrent un fastidieux travail sur le fonds Daumal, géré par Claudio Rugafiori et depuis peu par l’universitaire italienne Alessandra Marangoni, marquant ainsi un intérêt indéfectible pour cette œuvre de génie.

Apologie

René Daumal par Zéno Bianu

René Daumal, je l’ai découvert à la fin des années soixante dans un Cahier de l’Herne consacré au Grand Jeu — il se tenait à la confluence de tout ce qui me passionnait à l’époque. Rimbaud et les métaphysiques orientales. Révélation et Révolution...
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Voir la fiche "poéthèque" de Zéno Bianu


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