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Poète d'aujourd'hui

Mathieu Brosseau


Biographie

Mathieu Brosseau est né en 1977 à Lannion.
Il vit en région parisienne depuis ses trois ans. Il est aujourd’hui bibliothécaire au centre de Paris où il s’occupe notamment du fonds poésie et écritures contemporaines et des résidences Ile-de-France.
Il a publié dans les revues : Action Restreinte, L’Etrangère, Ouste, Libr_critique, Remue.net, Dock(s), Boudoir & autres, Marelle, d’Ici-là, Sitaudis, Owerwriting, Fusées, Ce qui secret, Ouste, etc.
Il anime la revue en ligne Plexus-S depuis 2006.
Plusieurs de ses ouvrages ont bénéficié du soutien du Centre National du Livre.
Il a participé au projet d’art public Alchimie des ailleurs : Les chaises-poèmes de Charleville-Mézières (création de chaises gravées de poèmes) coordonné par François Massut et Michel Goulet, sculpteur. Les chaises – sur l’une desquelles figure un de ses textes - sont scellées quai Rimbaud, à Charleville. A la suite de la mise en place et du vernissage, un catalogue (qui porte le nom du projet) a été édité aux éditions Silvana Editoriale en avril 2012.
Il a fait de nombreuses lectures publiques : en bibliothèque (à Lyon notamment), en librairie (MK2 Quai de Loire, Actes Sud Parc de la Villette et d’autres), aux Beaux-Arts à Paris, lors de soirées remue.net (Nuit remue), aux Voûtes, dans des centres d’animation ou encore dans des studios d’enregistrement.
En 2010, il obtient une bourse de création du Centre National du Livre.

http://www.mathieubrosseau.com

Bibliographie

Poésie

  • L'animal central, Le Castor Astral, 2016
  • Data transport, éditions de l'Ogre, 2015
  • Ici dans ça, Le Castor Astral, 2013
  • La confusion de Faust. Limoges : Editions Le Dernier Télégramme, mars 2011.
  • Uns. Pantin : Le Castor Astral éditeur, juin 2011, Illustration par Winfried Veit et préface de Jean-Luc Nancy.
  • Et même dans la disparition. Rennes : Editions Wigwam, mars 2010
  • La nuit d'un seul, Editions La Rivière Echappée, Dingé, 2009
  • L’espèce. Lyon : éditions Mots tessons, décembre 2009
  • Dis-moi, Editions La Canopée / La Rivière échappée, Dingé, 2008
  • Surfaces : journal perpétuel, Editions Caractères, Paris, 2003
  • L'Aquatone, Editions La Bartavelle, Charlieu, 2000


  • Actualité

    Nouvelle(s) parution(s)

    L'animal central Le Castor Astral (2016)
    Ici dans ça Le Castor Astral (2013)

    Autres parutions présentées sur ce site

    UNS Le Castor Astral (2011)
    La confusion de Faust Dernier télégramme (2011)
    Et même dans la disparition Wigwam (2010)
    La nuit d'un seul La rivière échappée (2009)
    Surfaces Caractères (2004)

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    Extrait
    "Et tout se passe comme si l’absence n’avait pas sa place au monde" :


    Tu rejettes. Pas de forme, ça dit larmes. Un pas de forme, ovale ou oblique. Un pas en arrière et l’espace intérieur s’échappe, brise la transparence. Il y a deux mondes, dont celui qu’on a perdu.

    Trois formes possibles, me disait-on. Toutes les trois sur le thème de l’introduction. Toutes les trois en devenir, motorisée par la gravité. On croit que le corps bouge seul, c'est une pensée pratique. Le corps seul, c’est mort, tu sais bien. On ne le sait que trop bien. A cause des larmes…

    Introduire et se faire introduire. Plaques mouvantes des continents de l’homme. Plaques chassant l’une, chassant l’autre. Main ouverte, main fermée.

    Tu te fais femme. Tu, c’est martial, avec le bâton du puissant levé dans la chevauchée. Ne pleure plus. Tu ne pleures plus quand la forme est prise, tu réassures ton existence. Protégé dans le ventre de la femme, tu présentes au monde la féminité idéale qui se niche au plus profond de tes rêves. Tu te fais femme à l’extérieur de toi et prends la posture envisagée par la reine. A cause des larmes qui t’attendent de l’autre côté… si tu refuses l’accouplement incessant des esprits. A cause des larmes.

    Les larmes couleront au-dedans. Quand tu parades devant pathos avec le masque du sourire, tu figes le sourire hors de toi. Quand tu fais surface sur la vitre, t’y colles pour ne rien voir, tu ne vois plus rien que ce qui est déjà dit.

    Tu te fais vide. Tu, c’est celui qui compte le nombre de trous et espaces entre les vies que tu observes depuis la fenêtre. Autrement dit, le noir qui respire derrière toi se mêle aux partis pris des scènes qui n’en finissent plus de se dérouler. Tout se passe comme si l’absence n’avait pas sa place au monde. La fanfare et la musique - avec masques et peaux collées -, poussent à peine ce qui te sépare d’eux : une fenêtre sur le monde. Tout se passe comme si le dos de la vie ne connaissait pas le manifeste. Malgré cette croyance, les deux versants s’entremêlent et s’emmêleront. Le vide, c’est le rien où les eaux se rencontrent, racine bien réelle de l’arbre de vie.

    Les larmes ont coulé, tu prends maintenant la forme laissée par le vide et entre les corps tu vois la possibilité d'un ailleurs.

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