Dix ans du Printemps des Poètes, cela signifie d’abord dix ans d’engagement et de conviction au service d’une ambition clairement affirmée : redonner présence aux poètes et à leurs œuvres dans l’espace public et rendre possible et légitime pour tous l’accès à la poésie.
On n’atteint certes pas un tel objectif en dix ans mais on peut, nous l’avons prouvé, créer les conditions d’une relation plus heureuse, plus ouverte, plus dynamique, entre les poètes et la cité.
La manifestation de mars, qui mobilise chaque année davantage les échanges et les initiatives en France et à l’étranger, a sans aucun doute contribué à dissiper bien des préjugés et des malentendus, sur la poésie contemporaine notamment.
La petite équipe du Printemps des Poètes, qui œuvre quotidiennement dans un esprit de service public, à égale distance de l’élitisme branché et de la démagogie lénifiante, à promouvoir l’apport de tous les poètes, d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, a su surmonter les obstacles financiers, la méfiance, l’indifférence, la raillerie parfois.
Elle a pu le faire grâce au soutien actif et la détermination des poètes eux-mêmes et de leurs alliés, que nul n’imaginait si nombreux, de l’interprofession du livre et des acteurs du spectacle vivant. On peut compter sur elle pour qu’elle ne s’endorme pas sur ses premiers lauriers. Assumant de facto les missions d’un centre national de ressources, elle constitue désormais un appui irremplaçable pour ceux qui croient que la poésie est au sein d’une communauté humaine un ferment d’exigence, une objection sans compromis à la paresse intellectuelle et morale. Un éloge de l’autre.
Jean-Pierre Siméon
Directeur artistique