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titre
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Un pauvre honteux par Xavier Forneret | |||
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poème
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Xavier Forneret écrivit sans succès pour le théâtre, couchait volontiers dans un cercueuil et jouait du violon pendant des nuits entières au sommet d’une tour gothique. André Breton lui a ouvert les portes de sa fameuse « Anthologie de l’humour noir ». Cependant c’est à ce seul poème que Forneret doit sa modeste renommée et sa place dans toute les anthologies : Un pauvre honteux Il l’a tirée De sa poche percée, L’a mise sous ses yeux ; Et l’a bien regardée En disant : « Malheureux ! » Il l’a soufflée De sa bouche humectée ; Il avait presque peur D’une horrible pensée Qui vint le prendre au cœur. Il l’a mouillée D’une larme gelée Qui fondit par hasard ; Sa chambre était trouée Encor plus qu’un bazar. Il l’a frottée Ne l’a pas réchauffée, A peine il la sentait ; Car, par le froid pincée, Elle se retirait. Il l’a pesée Comme on pèse une idée, En l’appuyant sur l’air. Puis il l’a mesurée Avec du fil de fer. Il l’a touchée De sa lèvre ridée. - D’un frénétique effroi Elle s’est écriée : Adieu, embrasse-moi ! Il l’a baisée, Et après l’a croisée Sur l’horloge du corps, Qui rendait, mal montée, De mats et lourds accords. Il l’a palpée D’une main décidée A la faire mourir. – - Oui, c’est une bouchée Dont on peut se nourrir. Il l’a pliée, Il l’a cassée, Il l’a placée, Il l’a coupée ; Il l’a lavée, Il l’a portée, Il l’a grillée, Il l’a mangée. Quand il n’était pas grand on lui avait dit : Si tu as faim, mange une de tes mains. Xavier Forneret Texte tiré de l’anthologie « L’humour 1900 » J’ai lu, éditions Ditis, Flammarion, 1963 |
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édition
printemps des poetes |
2009 | |||
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genre
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Poèmes sur le(s) rire(s) | |||
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fichier PDF
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