119 d’Alexandru Jurcan

119 d'Alexandru Jurcan

"LA MER QUI EST A MOI

Un jour tu connaîtras mes roches
en jetant l’ancre sur la rive de mon être
qui est à moi
pour y trouver ton repos
éventrée par l’oeil implacable
des rochers vivement cachées.
sans écho."

Paru le 1er juin 2010

Éditeur : Casa cartii de Stiinta

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.