33 poèmes composés dans le noir

Auteur : Adeline Baldacchino

<i>33 poèmes composés dans le noir</i>

« Trente-trois, j’en ai voulu trente-trois, sans doute pour l’âge de mourir bien ou de vivre encore mieux » nous dit l’auteure à la fin de son recueil. 33, donc, comme l’heure de faire un point, presque photographique, sur une mythologie du corps et de l’âme qui tente sans cesse d’explorer les « mécaniques du désir / à recommencer le monde ».
Cheminant à tâtons dans le noir, comme on traverse la nuit pour atteindre l’aube, Adeline Baldacchino nous emmène dans un étrange périple entre Samarcande et Pégase, Simourgh et Phénix, Marco Polo et Diogène, l’étoile de mer et le bateau ivre, dans l’impatience, la colère et la soif recommencées, jusqu’à ce que résonne enfin comme une clameur de soleil levant et de feu nouveau.
Poésie pour l’insomnie et les fantômes, pour la jouissance et pour la braise, pour le sable et pour « les ailes qu’on doit se faire pousser dans le dos », cette errance nocturne invoque, dans le grand écart du désespoir à la jubilation, le pouvoir des mots qui ne sauvent pas mais réinventent. Et le numérologue de remarquer alors, triomphant, que 33 n’est qu’un 8 en kit, autant dire un infini en devenir.

Paru le 1er septembre 2015

Éditeur : Rhubarbe

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.