36 voces francesas para una anthologia poetica contemporanea

36 voces francesas para una anthologia poetica contemporanea

Bilingue.
36 voix françaises pour une anthologie de poésie contemporaine.

Alfredo Carlino

Theo Dorgan

Estampillé du logo du Printemps des poètes, ce livre bilingue vient seulement de passer la frontière espagnole pour arriver jusqu’à Dijon… en hors saison, savourons avec un certain orgueil - et une vraie curiosité pour les traductions - ce 36 voces francesas para une antologia poetica contemporanea. Comme le rappelle en préface J.-P. Siméon, le directeur artistique du Printemps, la poésie française, avec des noms comme Y. Bonnefoy, A. Chedid ou J. Roubaud se porte bien. Le choix fut donc difficile pour le Français et l’éditeur espagnol de cette anthologie. Nul poète ne se peut réduire à un poème, même si l’on peut découvrir « le lyrisme retenu de Dhainaut, Cluny, Broussard, Alhau, un arrière-plan humaniste chez Marissel, Cosem ou Heurtebise, une attention précise à la forme (Deguy, Pleynet, Deluy), le souci intransigeant de dégraisser la langue ou une conscience accessible au monde (Sacré, Temple, Verdonnet) ». Et l’on trouve parmi ces 36 voix un Dijonnais, Stéphen Blanchard : cinq poèmes dont un manuscrit, accompagné d’un dessin de Ginès Liébana.

Paru le 1er mars 2008

Éditeur : Ficiones

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.