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20e Printemps des Poètes dédiée à L'Ardeur

 

Notre dossier de presse & notre revue de presse sont en libre accès dans la rubrique téléchargement. Bonne lecture !

 

 


   

  Il me fallait trouver un thème à la vingtième édition du Printemps des Poètes. Je ne crois pas aux thèmes, je crois aux mots. Je voulais une bannière fervente, vaste et exaltante. Je voulais la voix haute, l’allant, l’emportement, la vigueur, la fougue, aussi la tempête intérieure, l’étincelle silencieuse, le amboiement intime...
     C’est un vers orphelin de Luis de Góngora y Argote l’Andalou qui m’a éperonnée :


     Arde le fleuve, arde la mer, fume le monde.


     Et son verbe espagnol méconnu des dictionnaires.
     Du latin ardere : brûler, briller.
     Quel plus bel emblème que cet embrasement de l’âme, ce feu sacré de la langue pour célébrer la vitalité du poème ?
     Je ne parle pas de la amme des pyromanes fous qui incendient l’azur, les arbres et le mistral.
     Je parle de ce brasier de sens et de sons qui enfièvrent longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu :

     Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée. C’est Vénus tout           entière à sa proie attachée.


     On apprend Racine à l’école par cœur, on chantonne du Charles Trenet sans savoir qu’après que exige l’indicatif, et l’on sent peu à peu naître en soi cet attrait de la strophe. Grandir cette pulsation de la rime. S’enraciner ces syllabes masculines et féminines qui, selon l’humeur, s’embrassent ou pas. Cela s’entrelace dans le sang autant que dans la mémoire. Et cela bat au fond du corps, même muettement.


     Dans l’ardeur, j’entends la ruade et la belle anagramme qui prédit que l’ardeur durera autant que les étoiles.

 

Sophie Nauleau

 



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