A Arthur Rimbaud

Claude Albarède

Enfant voyeur, voyageur et voyant,
Chaque sentier un revers pour ta sève,
Chaque entreprise un couteau qui l’achève,
Et chaque étape un refus verdoyant.

Ton autre corps ôte au plaisir le vent,
L’herbe s’écarte et, délivrant le torse,
Devient rupture écrite dans l’écorce,
Où le défit grave un pouvoir rêvant.

Enfant chemin rebelle en tes cheveux,
Printemps debout vers l’agression du bleu,
Livre aux ombreux ta fièvre horizontale…

Qu’elle y décuple un soleil conjugué
Par chaque obstacle à ton pouvoir légué,
Et s’y condamne aux saisons capitales !

Poème
de l’instant

Peuple des tentes

J’irrupte au jour
comme une fleur du désert
le ciel est haut
le soleil est vaste dans un coin de ciel
brûlent mes pieds sans sandales
au milieu des tentes
le vent s’orage
dans un concert à ciel ouvert

Nassuf Djailani, « Peuple des tentes », apulée, Éditions Zulma, 2021.