A-Eden

de Jean Maison

A-Eden

Ce nouveau recueil de Jean Maison remonte l’alphabet comme on remonte le temps, jusqu’à la première lettre – jusqu’au premier lieu d’où toute histoire procède : A – Eden. Une lettre, un lieu. A-Eden se présente comme un poème liminal. Une parole du seuil, proche de l’origine et pourtant déjà tournée vers l’histoire à dire qui comme se compresse dans la première lettre. Quelle histoire ? Celle de l’homme et de la femme – de l’amour qui donne sa raison d’être à tout.

Ainsi débute le A, par le lignage des voyelles, le verbe insufflé dès l’origine. J’ignore ce que je trouverai dans ce jardin alphabétique, ni même si je serai approché par ce plein ciel libre.
Mais allant au cours des jours, par les eaux éphémères du langage, je plonge sans recours dans les flots retrouver le souffle des saisons, le visage éclairé au beffroi de mon abécédaire.

Jean Maison est poète et herboriste à Saint-Augustin. Son recueil Le Boulier cosmique (Ad Solem, 2014) a reçu le prix de poésie Charles Vildrac.

Texte de l’éditeur

Paru le 3 décembre 2018

Éditeur : Ad Solem

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.