A contre-mort

Auteur : Marcel Hennart

A contre-mort

Dernier recueil de celui qui considérait "la poésie comme objectif" et comme nécessité.

Gérard Cléry dans son article intitulé "Marcel Hennart : la vie de l’instant" affirme que l’oeuvre de celui-ci est : "une conversation ininterrompue avec un réel de chaque instant. Une poésie nécessaire, ou la nécessité fait loi".
Eric Brognet dans son article "M. Hennart : du réel transfiguré à la question de l’homme" évoque ce réel comme support à une méditation métaphysique : "un réel nourricier qu’un regard attentif et empathique transfigure. Un réel mouvant trop souvent négligé par notre approche utilitaire des choses, qui n’observant pas l’inutile (la beauté) a tendance à l’éliminer comme donnée non signifiante de la vie. Or précisément, c’est l’inutile qui justifie la vie…
M. Hennart par ces caractéristiques rejoint la poésie post-surréaliste qu’avaient illustrée des poètes comme Malrieu, Pierre-Albert Jourdan, Follain, ou Tardieu."

Paru le 1er décembre 2005

Éditeur : Rougerie

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.