A l’aube du dernier jour artificiel de Christophe Mary

A l'aube du dernier jour artificiel de Christophe Mary

Si le poète dit beaucoup en peu de mots, le sens de son œuvre tient aussidans les mots qu’il n’a pasécrits, qui vivent dans l’ombre du poème. Christophe Mary est un géographe errant, il veut savoir ce que l’on voit lorsqu’on creuse longtemps sous l’asphalte. Les lieux qu’il parcourt sont sillonnés de routes réelles et d’espaces symboliques, voyage onirique qui ne cherche pas à rendre compte du réel, maisà en livrer une image dédoublée par l’œil du poète.

Christophe Mary est né à Caen et livre ici son premier recueil, où la simplicité des mots dévoile une complexité de la mémoire. Des corps traversent l’espace, et l’amour se cache dans leur sillage. Une poésie stupéfiante, à la beauté sombre et limpide.

Paru le 1er mars 2015

Éditeur : La renverse

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.