A l’explosif de Victor Martinez

A l'explosif de Victor Martinez

Détonateur qui découvre : c’est
le manteau intime, la couverture du nu.
fruit expulse serein, détruit la place. bois de sol que détonateur
couvre paît l’intime, écluse par les bois : planche fossile conquiert son eau, conduit la paix, l’oxygène.

Victor Martinez, né en 1970 dans le sud de la France, est poète, traducteur (Antonio Machado, Francisco de Quevedo, Juan Ramon Jiménez ou Léopoldo Maria Panero), essayiste et docteur en langue, littérature et civilisation françaises de l’université de la Sorbonne-nouvelle-Paris 3. il travaille actuellement comme membre associé au laboratoire de recherches Alithila de l’université Charles de Gaulle-Lille 3. Ses recherches portent sur les poésies et les poétiques contemporaines. Ayant publié plusieurs volumes de poésie et collaboré à de nombreuses revues de poésie, il a publié un essai sur André du Bouchet. Poésie, langue, événement (Rodopi, 2013) et édité des textes du même auteur Un mot : ce n’est pas le sens (vvv, 2013). Son travail de poésie a été récemment recensé dans Europe (n° 993-994) et CCP (n° 18).

Paru le 1er novembre 2014

Éditeur : La lettre volée

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.