A la recherche de Richard Brautignan

Auteur : Richard Brautigan

A la recherche de Richard Brautignan

Par Thierry Séchan.

Par une nuit d’octobre 1984, Richard Brautigan se suicide d’une balle de revolver dans son ranch du Montana. Peu après, Philippe Djian écrit : « Depuis, je ne suis plus le même. Et vous non plus, vous n’êtes plus les mêmes, que vous en soyez conscients ou non. »
Né en 1935, le plus « bizarre » des écrivains américains avait connu une enfance effroyable avant de découvrir l’écriture et la vie de bohème à San Francisco dans les années 60, années de l’éclosion de la Beat Generation. Dans ce milieu gentiment anarchiste, Richard Brautigan devient un écrivain-culte dès 1967, avec la publication de La pêche à la truite en Amérique, ouvrage traduit en une douzaine de langues. Suivront une vingtaine d’ouvrages à l’humour dévastateur. À travers ses romans qui se moquent du roman, ses nouvelles qui n’en sont pas, et ses poèmes qui s’apparentent davantage à des historiettes qu’à la poésie mystique d’un Allen Ginsberg, Brautigan s’est imposé comme un écrivain novateur figurant déjà au Panthéon des plus grands de la littérature américaine.
Fou de ce fou de Richard, Thierry Séchan est parti à sa recherche, aux États-Unis, au Canada et partout où son ombre planait, afin de mieux comprendre et de faire aimer cet auteur unique en son genre. Il a traversé l’Atlantique à la poursuite d’un fantôme facétieux, comme il a traversé sa vie et son œuvre avec passion et humilité. En cherchant Brautigan, il s’est sans doute aussi un peu trouvé lui-même.

Thierry Séchan
Né à Paris en 1949, Thierry Séchan a écrit une douzaine d’ouvrages et signé une centaine de chansons. Pamphlétaire ( Nos amis les chanteurs), nouvelliste ( Cent nouvelles d’elles, La peine de mort, Venise en décembre), il fut également le biographe à succès de Georges Brassens ( Georges Brassens, histoire d’une vie) et de son frère Renaud ( Renaud, bouquin d’enfer).

Paru le 1er mai 2003

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.