A la santé du serpent

Auteur : René Char

A la santé du serpent

À la santé du serpent est composé d’un ensemble d’aphorismes inséré dans Le poème pulvérisé, un recueil publié pour la première fois par la revue Fontaine en 1947. Ce tirage comprenait une gravure d’Henri Matisse pour les exemplaires de tête.

Tous ces aphorismes, René Char les reprendra dans Fureur et mystère qui voit le jour aux éditions Gallimard en 1948.

Quant à Guy Lévis Mano, il imprimera À la santé du serpent en 1954, avec une lithographie et des dessins de Joan Miró.

Le présent ouvrage des éditions Voix d’encre est généreusement enrichi d’une trentaine d’acryliques sur papier signées Jean Miotte : tout au fond du peintre, est vitale non seulement son énergie de créer que le temps semble épargner, mais aussi une manière de connaissance impulsive, véhémente qui soulèverait sa brosse comme un muscle rien que muscle. Le geste du peintre s’affirme aussi solaire que le verbe du poète est souverain. Pour qu’advienne le corps subtil du poème dans toute sa lumière, toute sa santé.

Arrabal - dans un texte resté inédit - écrit à propos de Miotte : “Tandis qu’il peint il se montre si absorbé que, sans doute, l’éclatement d’une grenade ne le détournerait pas de son recueillement créateur.”

Paru le 1er février 2008

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Livre d’artiste

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.