A une allouette, 2 de William Wordsworth

Ménestrel de l’éther et pèlerin des cieux !
Méprises-tu la terre où les soucis abondent ?
Ou bien tandis que l’aile aspire, cœur et yeux
Sont-ils au nid, au sol que la rosée inonde ?
Ce nid où tu peux redescendre à tout propos,
Musique tue, ailes vibrantes au repos !

Au rossignol des bois laisse l’ombre profonde ;
À toi l’intimité d’un lumineux matin
D’où tu fais ruisseler à flots sur notre monde
Une harmonie, encor plus divine d’instinct ;
Fidèle - en sage qui monte et garde raison
À ces deux points jumeaux, le Ciel et la Maison !

William Wordsworth, Poèmes, traduction de François-René Daillie, 2001

Poème
de l’instant

Croquis de mémoire

Mon adolescence,
je la visite encore.
Elle est cet âge docile et révolté,
aux doubles, aux triples,
aux infinis désirs.

Jean Cau, Croquis de mémoire, Éditions Julliard, 1985.