Abadôn de Michèle Dujardin

Abadôn de Michèle Dujardin

Dans la nouvelle collection "Déplacement Seuil", entre prose et poésie, dirigée par François Bon.

Abadôn, dans le livre de Job, c’est la perdition, l’égarement.
Égaré : sur une île, un quai, dans une ville, une chambre d’hôpital. L’espace a toujours des murs envahis de lierre, celui de l’enfance persistante, parasite, il a toujours la mer, qui lui donne ses proportions, ses chiffres et ses rythmes.

L’égarement n’a pas d’île, de ville ni de quai, ni de chambre, mais une écriture qui se gagne sur la nuit et dans la nuit, avec le corps, sa fatigue son sexe et son souffle, et le contact amoureux le plus seul, le plus étroit et le plus douloureux avec la violence originaire.

Et la poésie comme perdition accidentée, charnelle, désirée quelque part entre le noir et le nu, intensément.

Née à Marseille, Michèle Dujardin, après un premier livre publié tôt, s’engage dans une longue réflexion poétique dont a b adôn serait la première porte.

Paru le 1er octobre 2007

Éditeur : Seuil

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.