Adèle, la scène perdue de Marie Cosnay

J’ai hésité. J’ai pensé trouver des héros, leur donner la parole, qu’ils joueraient quelque chose. J’ai pensé à un chœur de jeunes filles célébrant l’aube et l’activité naissante des hommes. Que l’événement soit pris dans ce temps-là, chanté. Que ça se déroule sous les yeux, le regard, avec le corps des protagonistes et la lueur timide du crépuscule du matin.
J’ai pensé qu’on pouvait raconter. Qu’il y avait bien des témoins. Le temps m’a paru être ce corps qui dure, fidèle, inentamable, fidèle à ce qui fut – l’événement.

Marie COSNAY
Née à Bayonne en 1965. Vit et travaille au Pays basque. Elle a publié des textes dans les revues Petite, Arpa, Présages, Rivaginaires, Florilèges, Le Nouveau Recueil et La Polygraphe. A publié à Cheyne son premier livre : Que s’est-il passé ?, Collection Grands fonds, 2003.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.