Ainsi disent-ils de Muësser Yeniay

Ainsi disent-ils de Muësser Yeniay

Le mot de l’éditeur : Être femme libre et poète en Turquie aujourd’hui… Je n’ai pas besoin d’en dire davantage pour dévoiler les raisons qui me poussent à publier Müesser Yeniay, l’une des voix les plus prometteuses de son pays. Ainsi disent-ils s’ouvre sur une évocation de la terre d’enfance, où « une fleur m’a appris à rester à ma place » ; puis viennent les textes du ciel redessiné par un désir d’ouverture au monde et les pouvoirs libérateurs de la poésie. Dans ces textes, parfois très incisifs, la jeune femme révèle aussi le territoire de ses insurrections intimes, refusant de souscrire à l’image que les hommes donnent de la féminité, acceptant plus encore de devenir étrangère à elle-même. Et de risquer cet aveu, d’inspiration soufie, dans les poèmes inédits qui viennent clore le livre : « C’est seulement quand j’écris des poèmes que mon âme danse. C’est cela la joie d’exister… »

Extrait :

Lapidation

« Dehors la nuit
dedans la séparation
ce doit être le dernier jour
du monde
- pensée qui me traverse-
l’amour finit…
le cœur
telle une femme lapidée
reste
au milieu de la réalité
le cœur, la plus grosse
pierre que Dieu m’ait
jetée »

Paru le 1er octobre 2016

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.