Aisha

Auteurs : Serge Sautreau, André Velter

Aisha

Préface d’Alain Jouffroy

« Qui est Aisha ? Un mythe, une femme – la poésie, la liberté ? Quand deux poètes se mettent d’accord pour écrire ensemble un texte de l’envergure d’Aisha, et quand ils déclarent ensuite : "Il ne nous appartient pas, à nous qui, sans jeu de mots excessif, menons le double je, de dire qui est (ou fut, ou sera) Aisha, non plus que de nous expliquer sur les conditions d’une métamorphose écrite à deux : nous serions bien les derniers, nous l’assurons, à pouvoir le faire", la seule possibilité d’interprétation qui soit ouverture et non pas fermeture systématique réside dans la lecture et la relecture de cette œuvre à voix, à plans et à arrière-plans multiples. Quiconque veut saisir ce que Serge Sautreau et André Velter ont volontairement concentré et vaporisé dans ces pages, quiconque veut courir le risque et l’aventure de la compréhension et de l’incompréhension, doit d’abord avoir lu et relu, avant toutes choses, ce palimpseste où la poésie dialogue avec elle-même, ce palimpseste où l’écriture dédouble, contredit et transforme la trace d’écritures précédentes. »
Alain Jouffroy.

Paru le 29 avril 1966

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.