Albertine

Une maison. Ici des petits livres. Et nous pouvons cligner de l’œil, fermer les yeux ou les ouvrir très grands. Dans le noir. Ici des livres comme des jours nouveaux. Des récits, des poèmes, des petits textes, voilà tout.

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75005

Paris

Langue du chien

1er février 2011

Langue du chien

Feng Feng. Un nom cuit comme de l’or.
A n’en pas douter Feng Feng c’est moi. Comme lui je ne sais si la langue du Chien est bien celle des Ombres, ou si celle de l’Ombre peut-être du Chien. Nous n’en savons rien.
Ce qui est sûr c’est qu’il existe un pays où pousse la nuit comme les fleurs et où l’heure n’est pas celle qui avance mais une qui va loin, très loin, derrière. C’en est une autre ? Elle file, libre, aile du coeur, anneau céleste tout à la fois. Avec elle je bénis la poussière, je murmure des (…)

Le livre de la nuit

1er mars 2010

Le livre de la nuit

"Je dis, tu dis, il dit, je veux, tu veux, elle veut me le dire, écoute ça."

Rectoverso de James Noël et de Dominique Maurizi

1er février 2009

Rectoverso de James Noël et de Dominique Maurizi

"Tous est toujours nuit
Il y a tant d’animaux dans mes pensées
Je montre mes cartons, ma patte, me
Présente - Nuit, dis-je…"
Dominique Maurizi
"Les pieds dans l’eau
j’ai la bouche ouverte des poissons
regardez bien
mes mots sont des bulles
n’y entrez pas
avec des chaussures de Cendrillon
comme si vous aviez atteint le seuil
d’un château de verre…"
James Noël

Un jour dans les jours de Liu Hongbin

1er avril 2008

Un jour dans les jours de Liu Hongbin

Traduit par Guilhem Fabre.
"Debout, devant les portes du crépuscule
J’ouvre les mots
Dans le silence l’obscurité
Le monde
Se ferme
Un homme écrit
Avec ses doigts mutilés
Dans son coeur la place immense est vide"

Les tables des matières

1er janvier 2006

Les tables des matières

"L’or où le ciel éclate
Aujourd’hui - là où je suis entraînée,
se découvre autre part, de tout autre part.
Ai-je vu ?
Aujourd’hui, il me semble - mais"

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.