Algernon Charles Swinburne

Algernon Charles Swinburne

Algernon Charles Swinburne | Domaine Romantique (2017)
Traduit par Pascal Aquien

"C’est à un scandale que le poète anglais Swinburne (1837-1909) doit sa réputation  : celui de la publication en 1866 de Poèmes et Ballades, dont les censeurs victoriens se plurent à exagérer, et partant à dénoncer, le paganisme, les excès blasphématoires et les débordements éroticopervers : “la critique se fâcha”, remarqua Maupassant, “la critique anglaise, étroite, haineuse dans sa pudeur de vieille méthodiste qui veut des jupes à la nudité des images et des vers, comme on en pourrait vouloir aux jambes de bois des chaises”.

À cette date, cependant, Swinburne était un poète déjà célèbre – Atalante à Calydon avait connu un grand succès l’année précédente –, mais l’esprit et la lettre de Poèmes et Ballades devaient, jusqu’à la fin de sa carrière poétique et même au-delà, associer le nom de Swinburne au décadentisme esthétique et chatoyant en vogue dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle."

Pascal Aquien

(Nouvelle édition entièrement revue)

Paru le 1er mars 2017

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.