Alparegho, pareil-à-rien

Auteur : Hélène Sanguinetti

Alparegho, pareil-à-rien

Voici un Être. Obsédé par la vie donc par la mort. Hétéroclite,
rafistolé, face au destin de tous, suspendu ! Aussi un pauvre, avec
la rage. Il croit, ne croit pas au retour du printemps, il ne croit
pas, il croit que quelque part, un jour – il est l’Aventure du visage
à son début. Comment dire ? côté poème, un des premiers Sans-
Nom ; côté espoir des hommes, la venue dans le lointain d’un
vivant nouveau.

"Il avance
et il rabattu sur sa poitrine
et son cou,
un bout de couverture lente.
"Je n’ai rien, il dit, il faut
aller où cela va
et cela ressemble
à un pont coupé
en deux

il faut sauter
d’un coup
et d’un coup
sauter encore
et jusque longtemps ainsi
sans ___________"
il dit."

Voici un Etre. Obsédé par la vie donc par la mort. Hétéroclite, rafistolé, face au destin de tous, suspendu ! Aussi un pauvre, avec la rage. Il croit, ne croit pas au retour du printemps, il ne croit pas, il croit, que quelque part, un jour - il est l’Aventure du Visage à son début. Comment dire ? côté poème, un des premiers Sans-Nom ; côté espoir des hommes, la venue dans le lointain d’un vivant nouveau.

Paru le 1er mars 2015

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.