André Velter

Né en 1945 à Signy l’Abbaye dans les Ardennes, André Velter publie son premier livre Aisha , en compagnie de Serge Sautreau. André Velter partage son activité entre les voyages au long cours (Afghanistan, Inde, Tibet) et la mise en résonance des poésies du monde entier. Sur France Culture, il a créé Poésie sur Parole. Il a également animé Agora (de 1995 à 1998), Poésie Studio (de 1997 à 1999) et les Poétiques, enregistrées chaque mois en public au Théâtre du Rond-Point, avec Claude Guerre (de 1995 à 1999). Orphée Studio, poésie d’aujourd’hui à voix haute, livre-témoignage sur l’expérience des Poétiques a été publié dans la collection Poésie/Gallimard. Ses chroniques littéraires dans Le Monde s’attachent surtout à l’Orient. Il dirige, chez Gallimard, la collection Poésie/Gallimard, l’arbalète, et la revue Caravanes aux Éditions Phébus. Toute son oeuvre poétique est vouée au souffle, à la révolte, à l’amour sauvage, à la jubilation physique et mentale. Résolument attaché à la "voix haute", il tente d’inventer une oralité nouvelle, créant régulièrement avec comédiens et musiciens de vastes polyphonies. Il a reçu le "Goncourt / Poésie" en 1996.

Extrait

Road & nothing more

Souvent le nom d’une île inconnue
est le nom-même de l’inconnu(e)

et les éclats de nos errances
deviennent des îles sous le vent,

comme de la route encore à vivre
à terre sur mer ou par les ciels,

et rien de plus.

(Makassar, à bord de La Boudeuse, 24 janvier 2006).

Bibliographie

  • Voix d’encre, 30 ans, ouvrage collectif, Éditions Voix d’encre, 2019.
  • Les Solitudes, Éditions Gallimard, 2017.
  • Loin de nos bases, avec une adresse de François Cheng, Éditions Gallimard, 2016.
  • Jusqu’au bout de la route, Éditions Gallimard, 2014.
  • Tant de soleil dans le sang, Éditions Gallimard, 2014.
  • Prendre Feu de Zéno Bianu et d’André Velter, Éditions Gallimard, 2013.
  • Avec un peu plus de ciel , Éditions Gallimard, 2012.
  • Paseo Grande, Éditions Gallimard, 2011.
  • Tant de soleils dans le sang, livre-DVD avec Pedro Soler & sept poèmes-tracts avec Ernest Pignon-Ernest, Éditions Alphabet de l’espace, 2008.
  • L’amour extrême et autres poèmes, pour Chantal Mauduit, Éditions Gallimard, 2007.
  • Le chant des villes, présenté par André Velter et Jean-Claude Perrier, Éditions Mercure de France, 2006.
  • La faute à qui , Éditions Thélème 2004.
  • Une autre altitude, poèmes pour Chantal Mauduit, Éditions Gallimard, 2001.
  • L’Arbre-Seul, Éditions Gallimard, 2001.
  • La vie en dansant, Éditions Gallimard, 2000.
  • L’amour extrême, poèmes pour Chantal Mauduit, Éditions Gallimard, 2000.
  • Zingaro suite équestre, Éditions Gallimard, 2000.
  • Zingaro suite équestre, dessins d’Ernest Pignon-Ernest, Éditions Gallimard, 1998.
  • Le septième sommet, poèmes pour Chantal Mauduit, Éditions Gallimard, 1998.
  • Étapes brûlées (1974-1978), Éditions Le Castor Astral/Les Écrits des Forges, 1996.
  • Le Haut Pays, Éditions Gallimard, 1995.
  • Ouvrir le chant, Éditions Le Castrol Astral/Les Écrits des Forges, 1994.
  • Passage en force (1971-1974), préface de Bernard Noël, Éditions Le Castor Astral/ Les Écrits des Forges, 1994.
  • Du Gange à Zanzibar, Prix Louise Labé, Gallimard, 1993.
  • Autoportraits, Éditions Paroles d’Aube, 1991.
  • L’Arbre-Seul, Prix Mallarmé, Éditions Gallimard, 1990.
  • L’Enfer et les fleurs, illustrations de Saura, Éditions Fata Morgana, 1988.
  • Velickovic, l’épouvante et le vent, Éditions Fata Morgana, 1987.
  • Dar-I-Nûr, Éditions Nulle part, 1983.
  • De la déception pure, manifeste froid, Sautreau, Velter, Bailly, Buin, Éditions 10/18, 1973.
  • Du prisme noir, illustrations de Rebeyrolle, Éditions Fata Morgana, 1971.
  • Aisha, préface d’Alain Jouffroy, Éditions Gallimard, 1966, Réédition 1998.

Essais

  • Ernest Pignon Ernest, Éditions Gallimard, 2014.
  • Gherasim Luca, Passio-passionnément, Éditions Jean-Michel Place, 2001.
    Avec Marie-José Lamothe :
  • Le Livre de l’outil, photos de Jean Marquis, Éditions Messidor, 1976, réédition Phébus 2003.
  • Les Outils du corps, photos de Jean Marquis, Éditions Messidor, 1978.
  • Les Bazars de Kaboul, avec Emmanuel Delloye, Éditions Hier et Demain, 1979.
  • Ladakh-Himalaya, Éditions Albin Michel, 1988.
  • André Velter, ouvrir le chant, par Gérard Noiret, Éditions Jean-Michel Place, 2004.
  • La poésie vécue d’André Velter par Sidona Bauer, Éditions Frank et time, 2015.

Bibliographie complète sur le site d’André Velter (http://www.andrevelter.com)

Récitals :
1) N’importe où : chansons et poèmes
Avec Jean-Luc Debattice (chant et guitare) - André Velter (voix) et Philippe Leygnac (piano, accordéon, trompette, percussion, accordina, flûte).
Des poèmes d’André Velter mis en musique par Jean-Luc Debattice : des chansons qui ouvrent autant l’espace que le chant, disent le lointain et le proche, vivent de fureur, d’alarme, mais aussi d’ironie, de lumière, d’amour fou.
Ici la poésie se donne à pleine voix et se voue à la jubilation physique et mentale. Elle est un voyage qui ne s’attarde pas, un galop tonique de mots et d’échos, d’altitude, de haute mer et de sable, où tout s’enchaîne, se déchaine de départ en départ et mène droit devant : n’importe où.

2) La traversée du Tsangpo
Avec Tenzin Gönpo (guitare, danse, poèmes traduits en tibétain et chantés) - André Velter (voix) - Laurent Terzieff (voix enregistrée) et Jean Schwarz (musiques originales).
Tsangpo est le nom du haut-Brahmapoutre quand il coule au Tibet. Pour rejoindre Samyé, le plus ancien monastère bouddhique fondé au VIII° siècle, il faut franchir le fleuve. Le passage s’effectue dans une barque à moteur où s’entassent pèlerins et villageois, animaux et ustensiles de toutes sortes. Le courant divague entre des bancs de sable, ce qui impose une navigation lente et sinueuse.
En 1987, volontairement ou par mégarde (je ne me souviens plus), j’ai laissé tourner mon magnétophone tout le temps de la traversée. C’est à partir de cet élément sonore que Jean Schwarz a imaginé sa composition. C’est à partir de sa musique que j’ai écris mon poème, souhaitant d’emblée y associer pour quelques séquences la voix enregistrée de Laurent Terzieff. Quant à la présence de Tenzin Gönpo, musicien, danseur et chanteur, elle assure à ce retour amont le souffle-même du Haut-Pays. D’autant qu’il a traduit et mis en musique les paroles des chansons que j’ai conçues pour ce périple.
Voyage d’altitude, approche de l’autre rive, célébration de la pure lumière, La traversée du Tsangpo est aussi le poème d’une présence, d’une mystique, d’un engagement sans retenue. C’est un pacte renoué, « à la vie à la mort », avec la voie qui éveille et foudroie.

3) Décale-moi l’horaire
Chansons parlées et poèmes dits par André Velter, Musiques originales de Jean Schwarz.
Un spectacle comme un voyage qui partirait partout et n’en reviendrait pas.
Une errance qui décalerait les méridiens, les habitudes, les pensées, les vies toujours à l’heure.
Le tournis du monde changé en danse de derviche, avec frénésie et ferveur, vertige et jubilation.
Des villes traversées, des océans ou des déserts franchis comme des zones d’insomnie.
Sans oublier la reprise des thèmes fétiches de l’auteur de L¹Arbre-Seul ou de Zingaro suite équestre : le souffle, l’altitude, la révolte éclatante, l’amour sauvage…
Une poésie au long cours pulsée et mise en voix de façon inédite notamment avec de nombreuses « chansons parlées », poèmes composés à l’oreille dans la résonance des musiques de Jean Schwarz, poèmes qui, comme jamais, tiennent parole.

4) Tant de soleils dans le sang
Poèmes dits par André Velter avec Pedro Soler à la guitare flamenca.
Composé dans la résonance des musiques de Pedro Soler, Tant de soleils dans le sang exalte l’énergie d’une poésie qui court le monde, qui prend ses risques et ne cesse de reprendre souffle.
Parole engagée, utopique et solaire, qui évoque aussi bien les aventuriers de l’arène, Manolete, Dominguin, Paquirri, José Tomas, que les aventuriers du verbe incarné, Federico Garcia Lorca, Victor Segalen, Blaise Cendrars, Al Berto.
Ici, des mots jetés sur des cordes de guitare entendent faire chants, sens et rythmes à la fois. Des mots pour repartir encore et encore, et se retrouver à jamais en terrain découvert.

5) Récital équestre
Poèmes dits par André Velter avec des musiques originales de Jean Schwarz.
Depuis les steppes d’Afghanistan jusqu’au terrain vague d’Aubervilliers où campent les Zingaro, les poèmes et les textes d’André Velter célèbrent l’univers des chevaux.
Dans son œuvre, l’art équestre ne s’impose pas seulement comme une évocation constante ou une référence tonique, c’est un véritable pacte de vie, une façon de penser, d’agir et d’être qui incite à habiter cavalièrement le monde.

6) Changer d’exil
Poèmes dits par André Velter avec Gaspar Claus au violoncelle.
Où partir ? Où s’aventurer corps et âme ? Où s’en aller, Rimbaud, Segalen, Cendrars ou Conrad en tête, « trafiquer dans l’inconnu » ? Les déserts, les océans, l’altitude, oui, mais pour quel écart inédit avec le monde ? La mise en coupe réglée de l’espace, son quadrillage, sa normalisation, son ordre concourt au formatage des consciences autant qu’à l’abrutissement des esprits. Quelle parole peut encore se faire entendre ? Et, en plus de la révolte, où sont donc les armes du réenchantement ?
Le récital d’André Velter et de Gaspar Claus tente un parcours, une percée, une effraction dans le champ clos de toutes ces interrogations. La poésie vécue, pour changer la vie, multiplie les lignes de fracture et de fuite et, errance pour errance, dérive pour dérive, s’en va jusqu’à changer d’utopie, changer d’identité, changer d’exil.

7) Paseo Grande
Chansons et poèmes avec Olivier Deck (chant et guitare) et André Velter (voix).
Paseo Grande, comme un passage par les grandes portes qui ouvrent l’espace aux quatre horizons. Paseo Grande, comme un périple dans les marges où se réinventent le monde. Paseo Grande, comme un récital composé dans l’incessant va-et-vient de textes ébauchés et de mélodies soudaines. André Velter et Olivier Deck, lors d’un premier mano a mano au festival de jazz d’Orthez avaient déjà multiplié complicités et résonances. Ils avaient surtout découvert leur aptitude à mettre en chansons des poèmes qui ne se donnaient pas d’emblée pour des improvisations de parolier. Là était la surprise qu’il fallait ensemble explorer, amplifier, approfondir, et qui allait susciter ces ballades singulières, pareilles à des rêves éveillés, à des sursauts funestes, à des éclats de vie violente et fière.

CD
- La traversée du Tsangpo / Éditions Thélème.
- Décale-moi l’horaire / Éditions EPM.
- Récital équestre / Quizas Productions.

DVD
- Tant de soleils dans le sang / Éditions Alphabet de l’espace.