Anise Koltz

Née en 1928 à Luxembourg, Anise Koltz est aujourd’hui l’une des grandes voix de la littérature francophone. De nationalité luxembourgeoise, elle unit dans ses veines des ascendances tchèques, allemandes et belges.

Son arrière-grand-mère anglaise était elle-même musicienne et poète. Elle est également la petite-nièce de ce couple Mayrisch de Saint-Hubert qui a eu au Luxembourg un rayonnement si considérable durant l’entre-deux guerres. Émile Mayrisch, cofondateur de l’Arbed, est un des précurseurs de l’unité européenne. Sa femme, Aline de Saint-Hubert, fait de leur château de Colpach un haut lieu de rencontres culturelles : Gide et Claudel, Jacques Rivière et Henri Michaux, Karl Jaspers et Walter Rathenau, Hermann de Keyserling et Ernst-Robert Curtius s’y rencontrent. À noter que Aline de Saint-Hubert sera aussi l’une des introductrices d’Eckhart en français : ses traductions paraîtront en 1937 dans Mesures et Hermès avec une présentation par Bernard Groethuysen.

Spuren nach innen, premier recueil de poèmes d’Anise Koltz, est publié en 1960 à Luxembourg. En 1964 paraît chez Bechtle à Munich, un deuxième livre de poésie, Steine und Vögel. En 1966, les textes d’Anise Koltz font leur entrée dans la prestigieuse collection bilingue « Autour du monde » animée par Pierre Seghers. Depuis lors, elle est essentiellement publiée par les Éditions Phi à Luxembourg.
Ses recueils récents sont frappants d’âpreté, de liberté et de force : La terre se tait (1999), Le cri de l’épervier (2000), Le porteur d’ombre (2001).
Anise Koltz a créé en 1963 les Biennales de Mondorf, qui dureront jusqu’en 1974 et prendront un nouvel essor de 1995 à 1999 avec les Journées littéraires de Mondorf. Elles se prolongent aujourd’hui au travers des manifestations organisées par l’Académie Européenne de Poésie, que préside Anise Koltz.

Anise Koltz est membre de l’Académie Mallarmé et de l’Institut Grand-Ducal des Arts et des Lettres. Elle a reçu le Prix 2008 de la Fondation Servais pour la littérature luxembourgeoise à l’occasion de la parution de L’ailleurs des mots.

Elle a été distinguée par le Prix de Littérature Francophone Jean Arp en novembre 2008, Prix qui lui a été remis à Strasbourg dans le cadre des 4° Rencontres Européennes de Littérature en mars 2009.

Elle reçoit en 2018 le Prix Goncourt de la Poésie Robert Sabatier pour l’ensemble de son œuvre.

Photo et texte ©Arfuyen

Extrait

L’Ailleurs des mots
(extraits)

Nous sommes de la matière des astres

Comment supporter
de vivre et de mourir
dans cette boucherie anonyme
où nos membres deviendront
des cierges pour l’éternité

*

Les sables dévorent le désert

Je lègue ma carcasse aux rapaces
au vent qui léchera mes os
au soleil qui les croquera

*

Pour moi
ma mère a marqué
de pierres blanches
son parcours dans l’au-delà

M’appellera-t-elle
comme jadis
pour me faire rentrer
sous son toit ?

L’ailleurs des mots, collection Les Cahiers d’Arfuyen, Éditions Arfuyen, 2007.

Bibliographie

  • Béni soit le serpent, Éditions Phi, 2004.
  • L’avaleur de feu, Éditions Phi, 2003.
  • Le porteur d’ombre, Éditions Phi, 2001.
  • Le cri de l’épervier, Éditions Phi, 2000.
  • La terre se tait, Éditions Phi, 1999.
  • Le paradis brûle, Éditions La différence, 1998.
  • Le mûr du son, Éditions Phi, 1997.
  • Chants refus I et II, Éditions Phi, 1993.
  • Souffles sculptés, Éditions Guy Binsfeld, 1988.
  • Sich der stille hingeben, Éditions Heiderhoff Verlag, 1983.
  • La terre monte, Éditions Belfond, 1980.
  • Fragments de Babylone, Éditions Fagne, 1974.
  • Fragmente aus Babylon, Éditions Delp Verlag, 1973.
  • Vienne quelqu’un, Éditions Rencontre, 1970.
  • Den Tag vergraben, Éditions Bechtle Verlag, 1969.
  • Le cirque du soleil, Éditions Seghers, 1966.