Anonymat et autobiographie d’Adilia Lopes

Cesário Verde et Pessoa ont été des poètes très attentifs au quotidien. António Nobre a inclus dans ses poèmes le langage oral. Ici c’est un réel transformé, un quotidien, des êtres, des choses, des situations, de brèves intrigues qui se succèdent, s’agencent, dans une sorte de transfiguration ; entre le fantasme et l’hyper-vécu, chaque minuscule détail repéré, intégré, déplacé, hors de la confidence. La logique de la phrase et du vers n’est pas celle du sens. Lola Montes danse pour la Comtesse de Ségur, le Minotaure, James Ensor, croisent Diderot et Wittgenstein, dans une fabrique de citations et de glissements sur lesquels jouent les différents régimes de la vérité.

Paru le 1er février 2008

Éditeur : Le Bleu du ciel

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.