Anthologie Orphée du vin

Poèmes choisis par Thierry Gillybœuf

Anthologie Orphée du vin

Préface et dessins d’Abdellatif Laâbi.

De tout temps, le vin a été omniprésent dans l’histoire des hommes. On le croise aussi bien dans les poèmes de l’Antiquité, les premières épopées que dans les textes sacrés, où il est tantôt décrié tantôt exalté. Il peut être synonyme de péché - l’ivresse de Noé - ou de miracle - les noces de Canaa - jusqu’à prendre valeur de sang christique. Les poètes y ont puisé l’inspiration ils y ont trouvé l’euphorie ou la consolation. Car le vin provoque aussi bien l’oubli que la mélancolie. Il attise ces deux polarités de la nature humaine que sont le chagrin et l’allégresse. D’Anacréon à Omar Khayyam, de Du Fu à Tristan Corbière, de Horace à Charles Baudelaire, les poètes ont chanté le vin, à la fois muse et compagnon d’infortune. Et ils en ont célébré les effluves capiteux dans l’ivresse des mots.

Paru le 5 décembre 2019

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997