Anthologie Orphée érotique

Poèmes choisis par Thierry Gillybœuf

Anthologie Orphée érotique

Adresse et dessins d’Adonis.

C’est peut-être Flaubert qui, implicitement, a donné la meilleure définition de l’érotisme quand, à la fin de L’Éducation sentimentale, le jeune Frédéric Moreau monte l’escalier. Car l’érotisme, ce n’est pas la consommation des corps, ce n’est pas l’étreinte charnelle. C’est tout ce qui précède, tout ce qui y conduit. Cette montée du désir. Sa sublimation avec toutes les visions fantasmées qui l’irriguent. C’est le corps sans corps. Il procède de l’imagination et se dissipe dans sa propre réalisation. L’érotisme, ce n’est pas voir mais donner à voir. Ce n’est pas montrer mais évoquer. Chez Martial, Pierre de Ronsard, Lalla Romano ou David Herbert Lawrence, pour n’en citer que quelques-uns, ce sont les mots qui viennent ainsi donner chair à la religion érotique du corps aimé ou désiré.

Paru le 6 novembre 2019

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jacques Darras

La Maye réfléchit

je froisse le temps
sa porte s’ouvre
et moi j’attends
qu’un oiseau entre m’annoncer
qu’il est grand temps que je m’envole
mes ailes d’enfant
sont repliées
quel est le livre
quelle est la page ?

Jacques Darras, La Maye réfléchit, Éditions Le Castor Astral & In’hui, 2020.