Anthologie de la poésie russe contemporaine 1989 - 2009

Anthologie de la poésie russe contemporaine 1989 - 2009

La poésie russe vit aujourd’hui une période privilégiée : dans un paysage en mutation rapide, on voit écrire et travailler côte à côte presque trois générations de poètes. Les plus jeunes sont nés après 1980, alors que les plus anciens, nés vers 1930, ont connu la contrainte idéologique et stylistique du régime soviétique et son corollaire, le « souterrain ».
L’implosion de l’URSS a libéré des énergies verbales puissantes, aujourd’hui plus que jamais actives, en même temps que l’ouverture du pays permettait à la poésie d’accéder à de nouveaux territoires et stimulait son inventivité.

Il importait de saisir ce moment et d’en dresser un bilan provisoire. C’est ce qu’ont essayé de faire les deux traductrices qui ont uni leurs forces pour penser et assembler ce recueil, en choisir auteurs et textes, en se partageant le travail de traduction et de présentation. Le critère pour le choix des textes est le suivant : on ne trouvera dans ce recueil que des poèmes écrits après 1989, que leurs auteurs soient aujourd’hui vivants ou morts. Ils sont 103 et bien d’autres auraient pu tout aussi légitimement figurer à leurs côtés.

Présentée et traduite par Hélène Henry-Safier et Christine Zeytounian-Beloüs.
Tirage : 1000 ex, 20 euros.

Paru le 1er février 2010

Éditeur : Maison de la poésie Rhône-Alpes

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes