Anthologie nomade

Auteur : Michel Butor

Anthologie nomade

Dans l’œuvre au long cours de Michel Butor, la poésie a pris une place toujours plus vaste, à la mesure de son formidable appétit de découverte et d’expérience, à la mesure de l’immense liberté qui l’anime : les formes, les bruits de langue, les images, les méditations explosées, les improvisations érudites, trouvent spontanément place au sein de compositions qui tiennent de la symphonie, de l’oratorio, voire de la fresque. Butor sait manier le langage comme un peintre sa palette ou un musicien son instrument, il veut tout signifier, tout suggérer, tout recréer, qu’il s’agisse d’un tableau, d’une mélodie ou d’un périple en eaux profondes.
Sans doute faudra-t-il un jour lire l’ensemble de ses compositions comme un défi de démiurge acharné à réinventer la Création, avec çà et là des notes vibrantes et pures, des soupirs d’anges ironiques, des pensées abyssales et le désir d’un horizon d’écriture pareil à un écho qui n’en finirait pas.
Dans ce volume de Poésie/Gallimard, Michel Butor nomadise à travers son œuvre immense et compose le parcours d’écriture qu’il entend partager aujourd’hui.

Paru le 25 mars 2004

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.