Août, à la limite des choses perdues

Auteur : Israël Eliraz

Août, à la limite des choses perdues

"une porte, une pioche, une poche, un
puits, les courbes d’une femme,
des voix, ma voix

la vieille mélodie, les ondulations
d’août, les allées et les venues
sans trève,

derrière les choses s’entassent leurs
noms, leurs attributs, bref,

la voix qui les chante, l’écume qui
les efface, la trace à suivre"

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.