Aphorismes

Pierre Oster

 Que ta condamnable faiblesse se guide sur ta condamnable
hardiesse !

  *

 L’ambiguïté divine du jour me transporte. Je n’échoue pas à la connaître ; j’en ai le pressentiment.

 *

 Sous les mots, notre nudité. Nous sommes vaincus. Nous avons notre sauvegarde.

 *

 Isolé, aveugle, je subis pourtant l’attraction du méridien d’origine.

 *

 La littérature, telle une pièce sur l’échiquier ;
un élément dans la partie que mène l’intelligence. L’exigence
à coup sûr est de desserrer le carcan.

Poème
de l’instant

Isabelle Baladine Howald

Fragments du discontinu

Je soliloque

la voix n’est pas ce que j’oublie
la voix dans mon oreille
cet objet de désir la voix

voix d’autre voix de toi
unique et que je ne peux caresser

Isabelle Baladine Howald, Fragments du discontinu, Éditions Isabelle Sauvage, 2020.