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Rennes

Chante-perce

11 février 2015

Chante-perce

C’est ici la jouissance sans corps dilatant les pupilles et le souffle. Chacun parle avec du sang retourné, de la salive qui refuse, au bord des rêves criant plus haut que l’ennui et qui pourrait nous étouffer, livides, épuisés par l’indifférence menaçant chaque jour notre émotion. Le froid des pierres sculpte cette langue de verre dans la bouche, coupante comme le froid de l’hiver. Se taire courbe les fronts sur la sagesse invincible des (…)

Dans la gorge du diable

1er mars 2013

Dans la gorge du diable

«  Je compte les tirs et je compte le silence, comme autrefois entre l’éclair et le coup de tonnerre. La nuit claque et m’effraie. Je me lève pour fermer, mettre de la distance, mais j’ai peur de la fenêtre. Désemparée, j’avale le couloir et me jette, palpitante, contre le diable rassurant. La raison fond souvent sur la ligne de l’émotion.  »

Terminus Rennes

1er avril 2012

Terminus Rennes

«  Chaque jour, je marche au hasard, sans décider au préalable d’un parcours précis. Les accroches ne manquent pas. Elles ont plus à voir avec un passé ancré en moi qu’avec le décor extérieur lui-même. Au fil des rues, ce sont des souvenirs plus vifs que d’autres qui affleurent. Assemblés, ils forment une grille d’émotions très personnelle en remettant en lumière une date, une présence, une rencontre…  (…)

Un rêve de verticalité

1er novembre 2011

Un rêve de verticalité

« Que Bachelard m’emporte sans nostalgie vers l’ailleurs, vers le vif-argent du vivant, cet imprévisible que j’espère. […] Son nom fait lever une constellation d’images dont certaines se sont enfouies dans ma chair, comme des graines. Il me faut aujourd’hui visiter ce jardin. Accueillir les herbes folles, honorer les persistantes, les toujours-vivaces-en-dépit-de qui m’ont aidée à grandir. Gaston Bachelard. Air terre eau feu. Autant dire le monde, sa pulpe, son ciel et ses étoiles. Autant dire la (…)

La guerre secrète

1er octobre 2011

La guerre secrète

« Elle le savait atteint par le bacille honteux. Ses proches la mettaient en garde, avec plus ou moins de franchise ou d’élégance, mais tous lui faisaient le même grief : on n’épouse pas quelqu’un qui va mourir ; un mariage, c’est d’abord de l’espoir. Sa sœur fut la plus cruelle : "Avec un peu de chance, on sera à la noce le samedi et le lundi à l’enterrement !" Elle recevait, depuis des années, chaque reproche, chaque insinuation comme un jet de pierres ; avec ces pierres elle se construisit un mur ; (…)

Journal d'Absence

1er avril 2010

Journal d’Absence

Peintures de Georges Le Bayon
"Désirant prolonger un périple entamé depuis longtemps déjà, initié dès les premiers cahots d’une enfance larvée, minée, caressée par les mains tièdes du vent d’Ouest et par celles, plus froides, de Dieu, de l’alcool et des morts, il rassemble des bribes, recolle les morceaux d’une histoire tragique, essaie de trouver assez de clarté en lui pour glisser une ombre entre les draps de sa (…)

Le Mot de la fin

1er mars 2010

Le Mot de la fin

C’est une suite de face à face ombrageux dans l’urgence, entre une grand-mère à la mémoire trouée et sa petite-fille attentionnée (mais dépitée) que restitue Guénane tout au long de ce récit. Le huis clos a lieu à l’hôpital. Dans un théâtre où le mot « norme » relève de l’imaginaire et où l’humour ne peut s’empêcher de venir contrebalancer la mauvaise foi de la malade. Voyage au pays des « mères vieilles », là où la vie flanche, là où tout grince, même les secrets, là où Le Mot de la fin laisse les vivants sans (…)

3 lointains avec les oiseaux de Marc Le Gros

1er janvier 2010

3 lointains avec les oiseaux de Marc Le Gros

Marc Le Gros et Maya Ménim
"…je regarde
les chevaux qui passent
chaque année
dans ce petit matin violet
toujours le même
je le reconnaîtrais entre mille
des fins d’hiver…"

Traversées, anthologie de la poésie argentine

1er mars 2009

Traversées, anthologie de la poésie argentine

Traduction : Cecilia Beceyro, Sergio Delgado.
"Quand plus de vingt fenêtres s’ouvrent en même temps, cela offre de l’air, de la clarté et des perspectives, surtout si aucune d’entre elles ne donne sur quelques paysage ou panorama exotique (de la pampa aux Andes en bifurquant vers la mer, les ports, les bars où ça tangue) mais que toutes s’attachent à dire, au contraire, la réalité d’un quotidien foisonnant, pris et décrit à bras-le-corps (ce qui le rend très physique) par des poètes nés en Argentine (…)

Rouge Rothko

1er janvier 2009

Rouge Rothko

"Faut-il me jeter en avant dans votre toile en feu ?
Choisir la plus rouge, la plus incandescente, la plus haute ?
Traverser des parois de coquelicots des gorges de salamandres des pépins de grenades des gouttes de sang frais ?
Devenir torche ou tornade ?
Sur un tableau de Mark Rothko

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Inédit

Si tu meurs
un beau jour
attention
à la marche
tu croiras
que ça monte
pas du tout
ça descend

Ludovic Janvier, Inédit