Approches de l’art moderne

Auteur : Marc Alyn

Approches de l'art moderne

Des œuvres, des hommes, des destins

Dans ces approches de l’art moderne, qui forment aux yeux de l’auteur une galerie fabuleuse, on trouvera des portraits de peintres, de sculpteurs, mais aussi de plasticiens composant des poèmes, de poètes tentés, voire tourmentés, par l’expression picturale qu’ils considèrent comme un prolongement de leur « cri écrit », pour reprendre un titre de l’un d’entre eux, Jean Cocteau. « Moi aussi je suis peintre ! », s’exclamait déjà Apollinaire au seuil de ses Calligrammes, dessins réalisés avec pour matière première les mots.
À partir du surréalisme, chaque artiste se veut un aventurier de l’esprit à l’affût, non de la beauté, mais en quelque illumination extrême s’achevant en désintégration. Hiroshima est partout dans les têtes, au même titre que l’holocauste. La folie, le suicide, l’overdose éblouissante demeurent des éléments incontournables de la quête. Chacun tend au flash, au satori mystique, à la fusion avec le Rien primordial. C’est ce que Bataille nomme « l’expérience intérieure » et Michaux la « connaissance par les gouffres ».
Les femmes – jadis « muses », maîtresses ou esclaves – deviennent des artistes à part entière. En témoignent les chefs d’œuvre de Remedios Varo, de Kay Sage et de Leonora Carrington, qui administrent la preuve éclatante de la percée triomphale des créatrices enfin sorties de leur ghetto.

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : Bartillat

Genre de la parution : Essai

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.