Après le tremblement

Auteur : Jean Portante

Après le tremblement

Après le tremblement clôt à la fois un triptyque et ouvre un cycle nouveau. Avec Le Travail du poumon se disait la langue qui dans la langue respire, l’italien « poumonnant » à l’intérieur du français. Puis est venu La Réinvention de l’oubli où déjà le tremblement, celui de la terre de là-bas, de l’origine donc, a touillé dans le système voulant que de l’oubli ou de la mémoire, ce fût cette dernière qui toujours rafle la mise. Et voici Après le tremblement, qui est la mise à mort du poumon. Le 6 avril 2009, ce qui a tremblé dans le village de l’origine quand les maisons ont été ébranlées, c’est la langue dans la langue. Ce qui est resté, après le tremblement, c’est une langue désertée par la langue qui à l’intérieur respirait. Langue fantôme. C’est ce que tente de dire Après le tremblement, avec une langue réfugiée à l’extérieur de la langue et qui, de tout près, l’observe. Voilà l’origine mise à nu. Voilà l’origine qui observe ce que longtemps elle a habité. Voilà que se clôt un cycle d’écriture. Voilà que le travail qui s’ouvre désormais – après le tremblement – n’est pas l’écriture de l’ombre, mais l’ombre de l’écriture.

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.