Arabian blues

Auteur : Amin Khan

Arabian blues

Arabian blues, préfacé par René Depestre.

J’entends venir
les pas de ma mémoire
germes d’orage
et puis charge de bisons
et je suis seul
endormi au cœur
d’une vague géométrie
celle d’une prairie
et puis celle d’une prison
et je ne peux rien
j’entends de loin brûler
les bouts de bois de ma raison

*

La fulguration surréaliste d’Amin Khan intègre une expression elliptique et dépouillée à divers héritages transnationaux et transculturels. son énergie migratoire est partie prenante du cafard musicien des noirs et du feeling douloureux à la baudelaire ou encore à la William Carlos Williams. il met la tradition musulmane en contrepoint fécond aux valeurs esthétiques des cultures française et anglo-saxonne. en un temps où l’interdépendance des imaginaires
de la planète n’arrête pas de s’accroître, sa maison philologique de poète n’est ni la nation arabe, ni les anciens empires coloniaux, sinon le sentiment de mondialité qui pousse son errance « d’éternel poursuivant de la poussière et du sel ».

René Depestre

Paru le 31 janvier 2012

Éditeur : MLD - Mérédith Le Dez

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.