Aragon au pays des mines

Auteur : Lucien Wasselin

Aragon au pays des mines

avec la collaboration de Marie Léger

suivi de 18 articles retrouvés d’Aragon

Louis Aragon, né en 1897, est le fils naturel de Marguerite Toucas et de Louis Andrieux. Ce dernier fit ce qu’il est convenu d’appeler une belle carrière : avocat, procureur en 1870 (à ce titre il réprime durement la Commune de Lyon), préfet de police de Paris, sénateur…Quant à Marguerite Toucas, mère d’Aragon, elle est originaire d’un milieu qui n’a rien de populaire. Aragon est donc, par sa naissance, bien éloigné du monde ouvrier et des mineurs dont la corporation se développe tout au long du XIXe siècle. Il n’a jamais vécu dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est né à Paris, il y est mort et il y a vécu le plus clair de son temps. Et pourtant, si on (re)lit attentivement son œuvre (prose et poésie), on constate que les mineurs traversent celle-ci (quand ils ne sont pas à l’origine de certains textes) pendant une quarantaine d’années. Les mineurs, mais aussi le monde de l’exploitation minière, le « pays des mines » comme on disait à une certaine époque.
Les pages qui suivent ont pour objectif de revenir sur un aspect méconnu de l’œuvre d’Aragon quand il n’est pas tout simplement dénigré. Et puisque le dernier puits de mine du Nord-Pas-de-Calais (le 9 d’Oignies) a été fermé en 1990, il s’agit aussi de rendre aux anciens mineurs et aux habitants de cette région minière tout un pan de leur histoire et de les inviter à lire des pages qu’on pourrait considérer comme écrites pour eux si l’œuvre d’Aragon n’appartenait pas à tous maos qui, au moins, font partie de leur patrimoine…Rendre un peu de fierté à ces lecteurs potentiels et aider à leur rencontre avec Aragon…
Aragon au pays des mines est suivi de 18 articles retrouvés d’Aragon
Ouvrage de Lucien Wasselin avec la collaboration de Marie Léger
En couverture, Le rassemblement de Notre-Dame de Lorette par Boris Taslitzky

Paru le 1er juin 2007

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.