Aragon et le cinéma par Luc Vigier

Aragon et le cinéma par Luc Vigier

Collection « Le cinéma des poètes »
dirigée par Carole Aurouet

Louis Aragon a peu écrit pour le cinéma mais sur lui et avec lui. Il le frôle et l’absorbe avec intensité, comme matériau étrange et familier, d’un bout à l’autre de son oeuvre. Une part de son esthétique poétique s’en inspire et s’y confronte, et son regard obsédé par l’image fixe ou animée, trouve dans l’écriture cinématographique stimulants, métaphores et modélisations vitales. On doit donc chez Aragon traverser poèmes, proses poétiques et textes critiques pour saisir cette danse esthétique autour d’un art désiré, d"une tentation d’écriture peut-être et d’une cinétique singulière d’une pensée par l’image.
Cette étude se propose d’entrer quand c’est nécessaire dans le détail des textes (poèmes et poèmes en prose), notamment dans les cas d’ephrasis filmiques afin de faire entendre au mieux l’écriture aragonienne et de lier ces moments de forte attention par des aperçus synthétiques soulignant les moments clés où l’alchimie poétique engage un rapport spécifique au cinéma.
« L’homme moderne seul est un héros de cinéma. C’est pourquoi l’art cinématique doit porter fortement la marque de notre époque, doit se soumettre aux lois esthétiques les plus jeunes, les plus neuves, les plus hardies. » Aragon
Aragon, « Du Sujet », 1918

Luc Vigier est maître de conférences en littérature française à l’université de Poitiers et directeur de l’Équipe Aragon de l’Institut des Textes et Manuscrits. Ses recherches portent également sur les années dada, le surréalisme, la bande dessinée et la littérature numérique.

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes