Archéophonies

Peter Gizzi

Archéophonies

Traduit par Stéphane Bouquet

Peter Gizzi, né en 1959, dans le Michigan, est poète, essayiste, éditeur et professeur de littérature américaine (University of Massachussetts Amherst). Il a publié huit livres de poésie, qui, tous, ont été remarqué par la critique outre-atlantique.

Avec le présent recueil, Archeophonics, le troisième que nous publions, après Externationale et Chansons du seuil, nous avons pour ambition de poursuivre, dans le cadre de notre collection La Série Américaine, exclusivement consacrée aux poètes américains, une politique d’auteur pour cette voix contemporaine novatrice.

Archéophonies est un titre qui ne fait pas mystère de son contenu.

Il s’agira de voix (phonies) et il s’agira de choses qui sont sous le sol et qu’on trouvera si on creuse (archéo) : morts, fantômes, souvenirs d’enfance et d’une langue qui chantait des berceuses aux « rythmes naïfs » (pour citer Rimbaud qu’un des poèmes place en épigraphe). Mais aussi souvenirs d’amours ratées ou d’une adolescence parfois compliquée. Dans un des poèmes le narrateur à genoux sur le sol, « dégueu et défoncé », pourrait ressembler comme un frère au poète Peter Gizzi qui a, de son propre aveu, abusé de substance dans sa jeunesse. (Stéphane Bouquet)

Texte de l’éditeur.

Paru le 28 mars 2019

Éditeur : José Corti

Poème
de l’instant

Poème inédit d’Anita Conti

Pourrais-tu ignorer
Que chaque jour, Pour Toi,
un ciel entier s’éclaire ?

À Tous les pas de cet élan
qu’est notre vie
À tous les jeux de cette rage
J’ai ouvert les bras
Et gémi

Et sur le grand vent refermé,
Au long des temps
Mes bras heureux brûlent encore
De leur désir.

Anita Conti, 4 janvier 1994, à Fécamp, Inédit.