Architextes

Collectif de 29 auteurs

Edition de luxe sous pochette plastique contenant des inédits
De quelques auteurs sous forme de feuillets volants, carte - et même un CD introuvable de Jean-Pierre Bobillot -,
d’interventions dans le livre lui-même, par collages d’étiquettes (Anne-Marie Jeanjean, Carla Bertola) ou par des dessins (Colette Goupil)

Préfacé par Guilhem Fabre, auteur d’une thèse sur la poésie sonore.
Ce travail poursuit la collection architextes d’ordinaire
Accordée à un seul auteur. Il souhaite mêler les créations des années 70 avec celles du nouveau millénaire : graphiques, travail du texte où la mise-à-mal a été choisie comme critère, un excès vivifiant.

« Exit le lyrisme. La page s’offre ainsi dans sa matérialité. L’image del’écrit se substitue à toute transcription de sens » Alain Helissen

Parmi les aînés : Jacques Bernimolin, Michel Vachey, Friederike Mayröcker, puis Carla Bertola (Italie, travail sur les mailles visuelles du texte), Franck Doyen, Denis Ferdinande (ici une page manuscrite),
Clémence Cocquet, Anne-Marie Jeanjean ( travail sur la rature), Colette Goupil ( artiste), Pierre Courtaud( lente dérapage-collage de 6 pages) ,
les excentriques à l’apostrophe Jérôme Bertin et Antoine Dufeu, Jean-René Lassalle, Philippe Boisnard, Ch-Mézence Briseul,
Jérôme Gontier, Isabelle Pierret, Jean-Luc Lavrille (en jeux de mots), Vannina Maestri, Rémi Bouthonnier, Sylvie Nève (« Mon Rimbaud »), Christophe Manon(« Protopoems »), Marc Alhanati, Jacques Sivan, Alain Robinet, Jean-Pierre Bobillot( jeu plein d’humour sur God), Cyrille Bret (« Tombeau de Charles Baudelaire »), Julien d’Abrigeon ( très sonore).

Paru le 1er novembre 2005

Éditeur : Atelier de l’agneau

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.