Asile de Saints de Friederike Mayröcker

Asile de Saints de Friederike Mayröcker

Traducteur : Bernard Collignon
Artiste : Yasmina (couverture)
Friederike Mayröcker refait à sa façon les biographies de Chopin, Brahms, Bruckner et Schubert, Schumann.

Friederike Mayröcker est une auteure très représentative de la poésie associative : libres enchaînements d’idées, de phrases, de concepts, en un apparent désordre ; mais suivant une architecture intime profonde, à la fois personnelle et adaptée à cet inépuisable magma que nous alimentons et couvons en nos âmes, ces fragments d’histoire intime que nous portons tous en permanence à l’arrière-plan de nos vies quotidiennes.
L’auteur habite à Vienne en Autrichienne où elle est née en 1924. Elle était sur la liste des « nobélisables » en 2004. Première traduction : METAUX VOISINS traduit par J.R Lassalle en 2003. La traduction d’un roman est en cours.
Le traducteur Bernard Collignon est aussi écrivain. Il habite Bordeaux.

"…une ligne de marginaux mènerait chez vous tout à coup ils y tiendraient" un love-in surprise, justification pour le siècle à venir" "(Clara, à Brahms).
"pensez un peu, je rentrerais et trouverais des gens chez moi rassemblés - un pandémonium."
"et pour peindre à son gré tous les nouveaux venus " (Brahms à Clara).
"maintenant je dois franchement me plaindre de loger ici comme dans une cuisine : des bourgeons de choux minuscules crânes de feuilles, grenus veinés de vert, et sur les tranches des étagères, tout rugueux."
"moi chanteur dilettante - piano-bahut."
"comme si l’on n’avait jamais pu aligner trois notes.
Comme si l’on était toujours resté dilettante."

6

"Pour moi en tout cas, il n’existe pas de critères de goût en ce domaine" (Brahms, à Clara).
"comme les enfants sont bien en retard" (Clara, à Brahms), "Matin de cœur. A présent quelques heures encore me séparent de vous."
"Par moments il me vient d’obsédants reproches. Mais votre force d’attraction me précipite vers vous sans que je m’en puisse défendre."
"l’espace inondé de soleil. Nous ne devrions pas non plus confondre les mensonges et la vérité" (Brahms, à Clara). "
ah c’est bien toi qui laisses tout arriver !" (Clara, à Brahms).

Paru le 1er février 2007

Éditeur : Atelier de l’agneau

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.