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La simple évidence de la beauté de Brigitte Maillard

1er juin 2011

La simple évidence de la beauté de Brigitte Maillard

"Le beau geste qu’écrira-t-il au visage de tous les temps ?"

Le dernier souffle de Safia Moghladj

1er septembre 2010

Le dernier souffle de Safia Moghladj

"Le Sanglot d’un orgue
Dans les villages qui sommeillent,
accourent les marchands de l’or noir,
devant les portes de ton Eglise.
Et contre toi, qu’ils ont écorché jusqu’au sang,
ils secouent les branches du pécher,
et oppriment avec orgueil,
la veuve et le mendiant…"

Amour et autres métamorphoses d’Elisabeth Launay-Dolet

1er mai 2010

Amour et autres métamorphoses d’Elisabeth Launay-Dolet

"La pluie s’est couchée sur ma joue,
je me fie aux chemins du vent,
à la nuit, précoce compagne.
Des mots insensés cinglent en absence,
mots en conscience sacrifiés.
Je en suis plus qu’un nom,
écoeurement,
blessure vivante
sans plainte bouche bouche ouverte
en écorce cachée en engoulevent.
Dans l’errance du vent,
ivresse du balbutiement.(…)"

Louise

1er janvier 2004

Louise

"Je n’ai rien vu, ni son courage ni son calvaire.
Elle savait dans son corps que l’ultime combat était engagé.
Elle s’est battue jusqu’à la dernière goutte d’énergie.
Dans son regard, je le voyais. Elle m’aimait.
Ce que je n’ai vu,
c’est qu’elle me disait adieu, de toute mon âme…"

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.